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19 avril 2009

Nicolas Sarkozy : libéral et sécuritaire

Le chômage explose, notamment chez les plus jeunes, les inégalités augmentent de manière démesurée, 3 millions de personnes ont exprimé la semaine dernière la nécessité d’une réponse forte pour le pouvoir d’achat et sur la question de l’emploi.

En total décalage avec cette situation, Nicolas Sarkozy se contente d’annoncer pour les plus modestes des mesures « exceptionnelles » de moins d’un demi-SMIC maximum, alors qu’avec le bouclier fiscal ce sont des chèques correspondant à 30 années de SMIC (365 000 euros en moyenne à moins de 850 contribuables) qui sont distribués aux plus riches.

Alors que des mesures concrètes sur la rémunération des dirigeants étaient attendues, le Président de la République s’est contenté de suppliques au MEDEF. Nicolas Sarkozy a surtout remis ce soir son costume préféré : celui du ministre de l’intérieur – candidat à l’élection présidentielle, continuant de chasser sur les terres du Front National.

Les français, notamment les jeunes parmi les plus touchés par la crise, attendent d’autres réponses. Alors qu’il faudrait mettre en place une véritable sécurité professionnelle pour protéger les salariés, et une allocation d’autonomie pour les jeunes en formation et en insertion professionnelle, les pistes lancées par Nicolas Sarkozy (notamment son « plan d’urgence » pour les jeunes annoncées pour mi-avril) souffrent déjà du manque de marges de manœuvres financière de l’Etat par la faute de sa politique économique.

Le Mouvement des Jeunes Socialistes appelle les français à envoyer un message ferme au gouvernement, dans la rue le 1er mai, dans les urnes par le vote socialiste le 7 juin prochain.

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27 avril 2008

Heures supplémentaires: quand Sarkozy s'arrange avec les chiffres

                               

            

   

   

Nicolas Sarkozy, lors de son allocution télévisée du jeudi 24 avril, est longuement revenu sur sa conception du travail. Selon lui, "le problème de la France, c’est qu’on ne travaille pas assez".

Passons rapidement sur le fait que la France se classe dans ce domaine, selon une étude de 2005 de l'Insee, première sur les neufs pays comparés, avec une durée hebdomadaire effective de 36,3 heures par salarié, soit plus que l’Allemagne (33,6), le Royaume-Uni (32,1), les Etats-Unis (33,8) et l’Espagne (33,2).

Passons aussi sur le fait que son taux de productivité par heure travaillée soit le troisième mondial (derrière les Etats-Unis et la Norvège). Et passons enfin sur le fait que le salaire horaire médian brut français occupe le douzième rang (devant l’Espagne, la Grèce et le Portugal) de l’Europe des quinze.

Les 35 heures, "qui ont coûté 20 milliards d’euros", sont le problème, et le dispositif d’exonération des heures supplémentaires mis en place par la loi Tepa, la solution. "Ça marche", selon le chef de l’état: "28% d’heures supplémentaires en plus" au dernier trimestre 2007, soit "un demi-million d’entreprises [qui] donnent des heures supplémentaires à 5 millions de salariés. 5,5 milliards d’euros de pouvoir d’achat ont ainsi été distribués aux français." Quelques précisions s’imposent.

Des chiffres qui ne concernent pas tous les salariés.

Les 28% cités -chiffre issu de l’enquête Activité et conditions d’emploi de la main d’oeuvre 2007(Acemo)- par Nicolas Sarkozy, concerne 5 millions de salariés. 18% à peine de la population active. Moins de 8% de la population totale.

Des revenus supplémentaires limités.

D’après cette même enquête, chaque salarié concerné a effectué en moyenne, au quatrième trimestre 2007, 2,8 heures supplémentaires… par mois. Le gain mensuel moyen pour un salarié au smic est donc d’environ 30 euros net, dont 12 euros de majoration du fait du dispositif Tepa. Le gain lié à l’exonération d'impôt sur le revenu est de…1,65 euros.

Au quatrième trimestre 2007, les heures supplémentaires versées dans le secteur marchand représentent un gain global de 2 milliards d’euros de salaire net (2,1% du salaire total distribué). Dont 0,4 milliard (0,52%) de "majoration TEPA".

Pour un coût de 550 millions d’euros de remboursement par l’état aux organismes de sécurité sociale et 100 millions environ de perte fiscale. Soit 0,65 milliard d’euros. 40% de plus que le gain induit par la majoration. Le rendement utile de cette mesure est donc négatif: elle coûte plus cher à l’état qu’elle ne rapporte aux salariés.

Quant aux "5,5 milliards distribués", Nicolas Sarkozy "confond" semble-t-il les sommes versées au titre des heures supplémentaires sur cette période et… les prévisions pour l’année 2008 en termes de coût pour les finances publiques (2,7 milliards d’exonérations salariales, 1,9 milliards côté patronal et 1,2 milliards de perte de recettes fiscales).

L'effet d'aubaine passé sous silence.

Les nombreux effets pervers du dispositif sont bien évidemment passés sous silence: effet d’aubaine pour les employeurs qui recourraient déjà aux heures supplémentaires (environ 80% des heures supplémentaires déclarées), risque important de fraudes des entreprises, substitution aux augmentations de salaires et surtout impact sur les chiffres du chômage.

Dans le secteur marchand, l’emploi n’a en effet progressé que de 0,03% sur la dernière période (novembre 2007 à janvier 2008) contre 0,13% pour l’année précédente (novembre 2006 à janvier 2007).

Si la conjoncture économique explique en partie ce phénomène, le recours aux heures supplémentaires permet à l’employeur d’éviter de nouvelles embauches en confiant le surcroît d’activité à des salariés existants. Et donc d’éviter les coûts inhérents aux CDD (prime de précarité) ou tout simplement au recrutement et à la formation de nouveaux employés.

Les heures sup non déclarées faussent la donne.

L’ensemble des statistiques comparatives en matière d’heures supplémentaires se fonde sur les seules déclarations de l’employeur. Or, d’après l’inspection du travail, 85% du travail dissimulé constaté en France ressort d’heures supplémentaires non déclarées (90% des plaintes).

L’augmentation en volume des heures supplémentaires ressort donc à priori, pour une part essentielle, de la réintégration des volumes masqués dans les déclarations, du fait de l’exonération fiscale dont bénéficie l’employeur au titre de la loi Tepa. Bien qu’il n’existe, curieusement, aucune étude statistique sur le sujet, Gérard Filoche (inspecteur du travail) évoquait le chiffre de 2 à 2,5 milliards d’heures supplémentaires réelles par an.

Rappelons qu’en 1993, le rapport Mattéoli (alors président du Conseil économique et social) faisait état de 1,2 milliards d’heures supplémentaires.

Quinze ans plus tard, la loi Tepa tablait sur un chiffre de 30% inférieur, alors même que la durée légale du travail a diminué, et que la population active a considérablement augmenté. Au regard des premières projections, il semblerait que les heures supplémentaires déclarées en 2008 atteindront 700 millions environ, et non les 900 millions prévus par le texte. Un chiffre encore très éloigné de la réalité.

L’étude Acemo 2007 confirme cette explication totalement passée sous silence: selon elle, une part importante de l’augmentation constatée provient… de la régularisation d’heures supplémentaires auparavant non déclarées par les entreprises.

C’est sur cette même étude que se sont appuyés Christine Lagarde et Nicolas Sarkozy dans leurs récentes déclarations. Ils en ont donc eu une lecture pour le moins sélective…

La loi Tepa aurait de ce fait une seule vertu véritable: inciter l’employeur à déclarer des heures supplémentaires jusque là dissimulées. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Pour l’année 2008, le gouvernement a budgété un coût total de 6 milliards d’euros sur ce seul terrain. Soit 85% des 7 milliards de réduction des dépenses publiques prévues dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, qui vont toucher les fonctionnaires, l’enseignement, le logement social, la santé, les transports, etc.

La politique économique actuelle impressionne par sa cohérence. La communication présidentielle également, par son sens aigu de l’ellipse.

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21 avril 2008

misère humaine...


Les couacs ayant tendance à se multiplier au sein même de la majorité, Nicolas Sarkozy a rappelé à l'ordre les membres du Gouvernement. Le Président a rappelé à ses ministres qu'il avait déjà lancé quatre ou cinq mises en garde… et qu’il n’y en aurait pas de sixième !

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09 janvier 2008

Politique de civilisation ou irresponsabilité sur fond de démagogie !

mardi 8 janvier 2008

Le Mouvement des Jeunes Socialistes dénonce la politique de civilisation annoncée par Nicolas Sarkozy qui ne fait qu’éloigner la politique étrangère et la diplomatie française de leurs principes fondamentaux.

Le Président de la République affirme que l’accueil fastueux réservé à Kadhafi est légitime car la France se doit d’accueillir les chefs d’Etat de manière décente et méprise la question sur les félicitations adressées à Vladimir Poutine. Il semble que la politique de civilisation, ce n’est pas « remettre l’homme au cœur de la politique » comme l’affirme Nicolas Sarkozy mais plutôt mettre l’irresponsabilité au cœur de la politique internationale.

Par ailleurs, lorsque le chef de l’Etat annonce sa volonté d’élargir le G8 à la Chine, à cinq autres pays, il oublie de mentionner que cette instance n’a aucune légitimité quelle qu’elle soit. Au contraire, une réforme d’ampleur doit être menée au niveau des institutions internationales qui ne devra pas consister en un simple « toilettage » du Conseil de Sécurité de l’ONU comme l’a proposé Nicolas Sarkozy.

En matière de droit des étrangers, la traque continue. Nicolas Sarkozy persiste et signe dans une politique des quotas inhumaine puisqu’il vient de fixer à Brice Hortefeux un objectif de 26 000 expulsions pour 2008 et 28 000 en 2010. Interpellé à juste titre par une journaliste sur l’assimilation des sans-papiers à des criminels, recherchés par la police comme tels, Nicolas Sarkozy a refusé d’assumer la situation indécente des étrangers en situation irrégulière. Le Mouvement des Jeunes Socialistes dénonce cette conception dénaturée de la « civilisation » et sera attentif à la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire sur les conditions de rétention des étrangers en instance d’expulsion.

Posté par pourlavictoire à 13:58 - Les coups de Napoléon... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 janvier 2008

Sarkozy présente sa "politique de civilisation" à la presse

                                   

      

Rue89 a suivi en direct la conférence de presse de Nicolas Sarkozy. Retrouvez le florilège de ses déclarations et des questions des journalistes.

12h19. Fin de la conférence de presse: le Président promet qu'il renouvellera l'expérience courant 2008.

12h18. BFM n’enverra donc plus d’équipes TV pour suivre les vacances du président... C’est la manière cinglante avec laquelle Nicolas Sarkozy a répondu à une question d’une journaliste de BFM sur ses vacances et sur son salaire.

Puis il s’est énervé sur le "populisme" de ceux qui ont critiqué le montant de son salaire, "un peu moins élevé" que celui de son prédécesseur. "A-t-on jamais demandé à mes prédécesseurs combien ils gagnaient?" (et pan!). La meilleure défense, c’est l’attaque, Nicolas Sarkozy a bien appris la leçon.

12h16. Une journaliste allemande interpelle Nicolas Sarkozy sur la vente de savoir-faire nucléaire aux pays arabes. Le président ne voit pas le problème. Il veut "éviter un conflit entre Orient et Occident" et si les pays choisissent en plus la technologie nucléaire française, "c'est mieux".

12h10. Le traitement réservé aux sans-papiers est enfin abordé par Florence Murracide du JDD: "Ils ne sont pas traité comme des criminels. Il n'y a pas d'autres solutions." Appelant à la rescousse Zapatero et Prodi, Nicolas Sarkozy a annoncé que les trois pays procéderaient à des "expulsions collectives" . "475 millions d'Africains ont moins de 17 ans et le détroit de Gibraltar, c'est 14 kilomètres", a laissé tomber Nicolas Sarkozy.

12h06. Une question de Ruth Elkrieff (BFM-TV) sur la menace de crise économique mondiale donne l’occasion à Nicolas Sarkozy de faire un nouveau couplet sur le fait que les Français ne "travaillent pas assez", sur le fardeau des 35h... Les subprimes ou la menace de crise n’y changent rien. "Nous faisons ce qu’il faut, nous serons au rendez vous des résultats", a-t-il conclu. Ça s’appelle la méthode Coué.

12h01. "Je n'ai pas menti." Répétée plusieurs fois, cette petite phrase répondait à une question de Vanessa Schneider, de Canal+: "Etes vous satisfait?" Alors non, le Président n'est pas satisfait parce qu'il voit "l'immensité de ce qu'il reste à faire." Voulant donner à son propos de forts accents de sincérité, Nicolas Sarkozy est allé jusqu'à clamer "L'authenticité se lit sur mon visage."

Une version française de George Bush père, assénant dans un débat en 1988: "Read my lips: no new taxes." ("Lisez sur mes lèvres: pas de nouveaux impôts"). Promesse non tenue par la suite.

11h54. Les élections municipales: "Je m’engagerai... Le concept d’élections dépolitisées est absurde." Mais le Président estime qu'il sera vraiment jugé à la fin de son quinquennat.

11h51. Flatté d'avoir été qualifié de "stratège génial" par l'intellectuel Edgar Morin, Nicolas Sarkozy ne s'est pas laissé démonté par la critique qu'il a aussi formulée, rapportée par Ivan Levaï, selon laquelle "il ne suscite pas l'enthousiasme" que suscitaient Blum, De Gaulle et Mitterrand.

"On parle du Blum qui a failli se faire lyncher?", a demandé le président avant d'asséner que lui, son Blum admiré était celui du congrès de Tours, pas celui de 1936. Et au président de fanfaronner: "Je ne déclenche pas l'enthousiasme et je fais 53% au second tour? Qu'est ce que ça aurait été si on m'aimait?"

11h49. Question pertinente de Christine Clerc, “journaliste indépendante”: n’avez vous pas le sentiment d’offrir aux Français une “politique de civilisation” alors qu’ils attendent du pouvoir d’achat? Nicolas Sarkozy, de manière prévisible, a répondu qu’il n’était pas d’accord avec elle.

11h44. Question de Fabien Nahmias (Europe1): "Souhaitez vous que 2008 soit la fin des 35 heures?" Réponse: "Pour dire les choses comme je le pense, oui."

11h41. "M’sieur Joffrin est en pleine forme"... Nicolas Sarkozy a fait rire aux dépens du directeur de Libération qui lui avait demandé s’il n’avait instauré une "monarchie élective". Le Président était à la limite de la cruauté quand il a évoqué la "fragilité" économique de "Libé" ou sa difficulté à trouver un public...

"Vous n’avez trouvé que ça", a-t-il dit, méprisant, rejetant l’idée d’une "monarchie", se demandant dans ce cas s’il était "le fils caché de Jacques Chirac qui aurait été placé sur le trône"... Il a défendu ses ministres d’ouverture et leur liberté de parole: "C’est pas la gauche qui aurait fait ça", a-t-il dit, pour enfoncer un dernier clou dans la question de Laurent Joffrin.

11h33. Question de Geneviève Goetzinguer, de Radio France Internationale, sur les modalités de la réorganisation de l'audiovisuel extérieur:

"L'idée serait de créer un label France Monde, avec RFI, France 24 et TV5. Pour porter une présence de la France beaucoup plus importante, en mutualisant des moyens, comme le réseau des correspondants.

Le problème est qu'il y en a un qui a problème éditorial [TV5, ndlr], mais qui est bien distribué, un autre sans problème éditorial, mais mal distribué [France 24] et une radio [RFI] ce qui ne suffit pas, il faut la télévision.

Une chaîne publique France Monde, ne peut que parler Français. Avec un sous-titrage espagnol, arabe, anglais... avec une vision française. Je préfère vraiment qu'on la porte en Français."

En résumé, fini France24 en arabe ou en anglais, fini aussi les rédactions en langues étrangères de RFI. De quoi faire quelques économies pour financer le tout... Et susciter beaucoup d'inquiétudes dans les rédactions concernées.

11h25. Sarkozy confirme que c'est en juillet, lors de sa visite à Tripoli, au moment de la libération des infirmières et du médecin bulgare, qu'il a promis au colonel Kadhafi une visite officielle à Paris. A la question du faste de cette visite, il répond: "Si vous proposez l'entrée et le plat, vous ne pouvez pas refuser le dessert."

A propos de ses félicitations adressées à Vladimir Poutine après une élection bien peu démocratique: "C'est parfaitement ridicule!" Nicolas Sarkozy ne voit pas le problème. On peut tout à fait féliciter le président russe pour son élection -"c'est le plus populaire en Russie"- mais lui reprocher ce qu'il en fait (situation en Tchétchénie, respect des droits de l'homme).

Le président explique aussi avoir besoin de parler à la Russie sur le Darfour, l'Iran et la paix dans le monde: "Poutine est suffisament respectable pour demander à l'Iran d'arrêter de danser au bord du gouffre."

11h22. Errare Sarkosum est. Depuis son élection, le Président reconnaît-il avoir fait quelques erreurs? Hum. "Je fais de la politique depuis trente ans, j'ai fait des erreurs, en 1999 et en 1995." Plus récemment, il regrette la polémique autour de la TVA sociale (terme mal choisi selon lui): "Il fallait faire plus qu'en parler. Il fallait le faire."

11h19. Sur un éventuel mariage avec Carla Bruni: "C’est du sérieux, mais c’est pas le JDD qui fixera la date... Il y aura de fortes chances que vous l’appreniez quand ça sera déjà fait"...

A ce propos, Nicolas Sarkozy a joué sur du velours, se félicitant qu’une journaliste lui pose une question sur sa vie privée qu’elle n’aurait jamais osé poser à ses prédécesseurs. "Tout le monde savait, personne n’en a parlé", a-t-il dit, évoquant les voyages de François Mitterrand à Assouan, "avec différentes familles", et les avions de la République. Alors "avec Carla, nous avons décidé"...

En renvoyant les journalistes dans les cordes, Nicolas Sarkozy se permet donc d’instrumentaliser sa vie privée, de s’offrir les habits neufs de la modernité des moeurs présidentiels, sans avoir l’air d’y toucher.

11h09. Après une heure de déclaration préliminaire, la séance de questions a enfin commencé. Première à s'élancer, Mireille Lemaresquier (France Info), la présidente de l'Association de la presse présidentielle, qui l'interpelle sur le respect d'une promesse de campagne: étendre au domicile des journalistes la protection qui s'applique aux locaux des rédactions:

"Un journaliste digne de ce nom ne donne pas ses sources. Il m'arrive d'être mitigé sur le respect d'une certaine déontologie professionnelle de vos confrères, j'assume (...) Je préfère les excès de la presse, que pas de presse (...) Nous ferons ce texte [sur la protection des sources, ndlr] en 2008.

J'appelle certains d'entre vous à la prudence. J'ai moi même été chercher certains de vos confrères à N'Djamena. Certains ont pris des risques qui n'avaient rien à voir avec l'idéal de votre métier. Je vous appelle à la prudence."

Sur la crise de la presse:

"Il y a une sous-capitalisation et une distribution qui ne fonctionne pas. Je pense à la presse écrite. Il y a de moins en moins de kiosque, le portage coûte une fortune. Il faut conduire un plan de modernisation du plan de distribution de la presse. Le gouvernement de M. Fillon est prêt à le conduire."

Sur l'indépendance de la presse:

"On ne peut pas dire la presse est une industrie et refuser à cette industrie d'avoir des actionnaires. Ce qui nuit à l'indépendance, c'est de ne pas pouvoir trouver son journal."

11h08. C’était prévisible, Nicolas Sarkozy a ironisé sur ce qu’il a qualifié de "Charivari un peu ridicule" autour de la visite de Kadhafi en France, et de se payer les socialistes en rappelant qu’il a été reçu avec tous les honneurs par les socialistes espagnols: "Elle doit bien mal se porter l’Internationale socialiste"...

"La France doit parler à tout le monde", a-t-il défendu, citant Bouteflika, Chavez, Assad... La force du verbe sarkoziste.

11h05. Autre thème fort, la diversité:

"Quand on se bat pour la diversité, l'argument post-colonial [de vouloir leur imposer la démocratie à tout prix, ndlr] saute. De tous temps dans ces régions du monde, il y a eu des musulmans, des juifs, des chrétiens.

Pourquoi défendre le Liban? Parce que c'est un symbole de la diversité. Pourquoi défendre Israël? Parce que c'est un symbole de la diversité. La diversité est bonne pour tout le monde. C'est un symbole universel qui doit être respecté partout."

11h04. Sur l'immigration, Nicolas Sarkozy refuse de choisir "entre les hystériques de l'immigration zéro et les poseurs en générosité abolue". Défendant sa politique des quotas, il dit vouloir "aller jusqu'au bout" pour "qu'on accueille seulement les gens qu'on veut intégrer". Citant un taux de chômage des immigrés "entre 20% et 30%", il fustige: "Beau résultat, messieurs les généreux!"

11h01. La politique étrangère de Nicolas Sarkozy résumée à un bon mot: "On aurait eu l'air malins." Les Français auraient eu "l'air malin" si le Président avait annulé son voyage en Algérie après les propos inacceptables" du ministre algérien Mohamed Chérif Abbas -il avait accusé Nicolas Sarkozy d'obéir aux orientations du "lobby juif".

De même, les Français auraient eu "l'air malin" s'ils avaient annoncé quitter l'Afghanistan et renoncer à la lutte contre les "barbares" quelques jours avant l'attentat contre Benazir Bhutto.

10h57. Nicolas Sarkozy a une idée géniale: ouvrir le G8 aux grands pays en développement. Le seul problème, c’est que l’Allemagne l’a déjà proposé, il y a des années, mais s’était heurté à un mur. Sans doute la situation est-elle plus mûre aujourd’hui.

Idem pour le Conseil de sécurité de l’ONU: idée géniale de Nicolas Sarkozy de l’ouvrir aux grands pays émergents? Non, une idée qui est sur la table depuis des années, et qui s’est heurtée à un autre mur (la Chine s’opposant à l’entrée du Japon, la rivalité entre grands d’Afrique, entre grands d’Amérique latine).

Au passage, le Président arrondit à "un milliard" le nombre d'habitants en Amérique latine, qui atteint en fait environ 600 millions selon la notice Wikipédia).

10h56. "Ah ben, si c'est compliqué, alors c'est compliqué..." Nicolas Sarkozy a un petit côté Fernand Raynaud dans sa façon d'argumenter. Avec Carla dans le rôle de Félicie.

10h54. Péchiney, “un grand de la chimie” a dit le Président. Hmm... Péchiney, c’est quand plutôt un groupe d’aluminium, non? En tout cas c’est pour ça que le canadien Alcan l’a racheté...

10h51. “Politique de civilisation”, il faudra compter après coup le nombre de fois que Nicolas Sarkozy a cité le concept d’Edgar Morin. C’est évidemment le mot du jour...

10h49. Nicolas Sarkozy a trouvé un moyen de compenser son incapacité à augmenter le pouvoir d’achat: développer la participation et l’intéressement, en l’étendant aux entreprises de moins de 50 salariés, et en particulier la proposition de différencier l’impôt sur les revenus pour les petites entreprises qui y auraient recours. Du pouvoir d’achat, mais plus tard...

10h44. L’hôpital “est en deshérance” et c’est la faute aux 35 heures: Nicolas Sarkozy a frappé fort sur le dossier santé, chaud en ce moment avec la grève des urgentistes. 2008, l’année du changement de la gouvernance dans les hôpitaux: c’est la promesse, non détaillée, du jour.

10h43. Un silence de quelques secondes. Nicolas Sarkozy va annoncer sa "rénovation sans précédent de l'audiovisuel extérieur" et veut faire son petit effet.
Le président parle de "révolution culturelle dans le service public de la télévision" qui doit "favoriser la culture française."

Pour le faire, le président promet une refonte complète du cahier des charges et "la suppression de la publicité" des chaînes du service public.

10h40. A propos des banlieues, Nicolas Sarkozy veut une "politique [qui doit répondre] à des questions fondamentales comme celle de redonner une chance à celui qui a connu un échec ».

Le président évoque aussi la politique de la ville: "Peut-on poser le malaise des banlieues, si on ne pose pas aussi le problème de la ville, c'est aussi un problème de civilisation: quelle ville s'efforcer de construire au XXIe siècle?" Il faut une "réponse française".

A ce moment-là, il lance un pavé dans le jardin de Bertrand Delanoë:

"C'est pourquoi j'ai lancé une réflexion sur le Grand Paris, sous l'angle de l'urbanisme, de l'architecture. On n'en parle jamais. Je vais m'impliquer personnellement dans ce dossier. Je ne laisserai pas ce procès s'enliser. La situation de la vie parisienne est devenue inacceptable."

10h38. L'urbanisme, l'audiovisuel public, l'hôpital... le Président balaie tous les sujets, raccrochant chaque thème à sa nouvelle marotte, la "politique de civilisation". (Ajout à 15h32) Il annonce également qu'il réfléchiit à la "suppression totale" de la publicité sur les chaînes du service public.

10h35. C'est le Sarkoshow! Discourant sur l'école, le président s'est subitement fait comédien, et imité ses prédécesseurs qui eux, face aux problèmes de l'école, lançaient: "N'en parle pas, on va avoir une manifestation!" Nicolas Sarkozy, lui, n'a même pas peur.

10h33. Il ne fait pas bon avoir été le prédécesseur de Nicolas Sarkozy: depuis le début de sa longue, très longue déclaration liminaire, le président a chargé la barque de l’héritage, responsable de tous les maux de la République.

10h31. Un coup pour la croissance: "Pour un autre type de croissance, il faut changer l'instrument de mesure de la croissance." Le Président annonce la création d'un groupe d'experts internationaux de haut niveau pour "mieux prendre en compte la qualité de vie des Français". "Plus personne ne croit dans les statistiques", ajoute Nicolas Sarkozy, pour qui il faut donc repenser les indicateurs.

Pour cela, rien moins que deux prix Nobel d'économie sont annoncés: l'Indien Armatya Sen, (primé en 1998), et l'Américain Joseph Stiglitz qui, lui, dirigera ce comité d'experts. Une sorte de super-commission Attali, en somme.

10h28. "Une démocratie irréprochable", c'est ce que souhaite instaurer le président. Avec "une réforme des institutions ambitieuses et une annonce. Simone Veil est chargée de rédiger un projet de texte en préambule de la Constitution. Pour avoir "une constitution en avance sur notre temps et pas en retard". Dans ce préambule, des "nouveaux droits": égalité hommes-femmes, respect de la diversité, défi de la bioéthique.

10h27. Il faut sauver le soldat Grenelle! Nicolas Sarkozy s’est engagé à respecter “scrupuleusement” les conclusions du Grenelle de l’environnement. Une réponse à José Bové et à sa grève de la faim anti-OGM. Bonne nouvelle, à suivre.

10h25. La rupture sarkozyste prend de l'ampleur: "Il nous faut d'abord changer nos façons de produire, de travailler, d'apprendre et de vivre."

10h23. Le Président feint l'énervement (en substance): "Comment peut-on me demander de continuer comme depuis trente ans? 'M’sieur le président encore une subvention' ..." Oui mais que propose-t-il? Suspense.

10h17. Au premier rang de la conférence de presse, les deux grognards de la Sarkozie: Claude Guéant, secrétaire général, et Henri Guaino, conseiller spécial du président. Juste derrière, son héraut: David Martinon, le porte-parole de l'Elysée.

10h14. Nicolas Sarkozy a ouvert sa conférence de presse en faisant un cour de rattrapage en direction de ceux qui n’auraient pas compris sa référence à la "politique de civilisation", concept évoqué lors de ses voeux télévisés du 31 décembre. Il a implicitement reconnu la paternité d’Edgar Morin dans ce concept, que le sociologue s’était étonné de voir repris par le chef de l’Etat.

Sarkozy a cité pêle-mêle l’amour, le respect, l’humanisme, la diversité, bref, a-t-il résumé, “remettre l’homme au coeur de la politique”. Mais ce catalogue, cettte longue liste de voeux pieux suffira-t-elle à donner du souffle à un discours désincarné? A convaincre qu’à l’instar de la Renaissance citée en exemple, le "sarkozysme" est une réincarnation de la "politique de la vie"?

10h10. Avant, la politique c'était "tout sur la technique, tout sur le qualitatif, rien sur l'essentiel (...) J'ai voulu remettre l'homme au coeur de la politique": propos liminaires très généraux pour entamer la première conférence de presse du quinquennat -en elle-même une petite rupture, Jacques Chirac ne prisant guère l'exercice.

10h05. Prévue à 10 heures, la conférence n'a pas encore commencé. Il faut dire que près de 500 journalistes (dont un certain Pascal Riché, rédacteur en chef de Rue89) ont rejoint l'Elysée: le tour de parole doit être un peu compliqué à organiser... Pascal, si tu nous lis, bonne chance!Une journaliste allemande interpelle Nicolas Sarkozy sur la vente de savoir-faire nucléaire aux pays arabes. Le président ne voit pas le problème. Il veut "éviter un conflit entre Orient et Occident" et si les pays choisissent en plus la technologie nucléaire française, "c'est mieux".

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20 septembre 2007

La police, pare-chocs de Sarkozy

Le fils cadet de Nicolas Sarkozy est cité à comparaître ce matin en correctionnelle pour délit de fuite (une simple audience de procédure, destinée à fixer la date du procès et le montant d’une éventuelle caution). Le plaignant, M’Hamed Bellouti, n’envisageait pas d’en venir à une telle extrémité, s’agissant d’un accident de la circulation d’une affligeante banalité. Mais après deux ans de vaines tentatives pour se faire rembourser 260 euros de dégâts, il ne supporte pas que «certains se croient au-dessus des lois».

Le 10 octobre 2005, place de la Concorde à Paris, haut lieu de densité automobile, M’Hamed freine au volant de la BMW de son père. Derrière, un scooter n’a pas le temps de s’arrêter et emboutit le pare-chocs de la voiture. Puis prend aussitôt la tangente «en faisant un geste offensant de la main» . Un passager de la BMW a le temps de noter l’immatriculation du scooter.

M’Hamed contacte son assureur, qui écrit au propriétaire du deux-roues en janvier 2006. Pas de réponse. Un mois plus tard, M’Hamed, muni d’une expertise qui fixe à 260 euros les réparations, porte plainte au commissariat du XVIe arrondissement pour délit de fuite. Il ne connaît pas encore l’identité du conducteur du scooter, même si il a vu son visage. «Les policiers m’ont dit :  Pas de problème, il y aura une confrontation. »

Illustre. En mars, M’Hamed rappelle le commissariat : plus de trace de sa plainte… Egarée. L’été arrive, la police n’a toujours pas pisté le propriétaire du scooter. Mais l’assureur, si : Jean Sarkozy de Nagy-Bocsa, domicilié à Neuilly. «C’est quand même bizarre que l’assureur l’a retrouvé et pas la police», note M’Hamed, qui n’apprend le nom de son illustre «percuteur» qu’en septembre 2006, en obtenant copie des trois courriers envoyés en vain par la Maaf : «On me dit d’être prudent en période électorale. Alors j’attends.»

Le 7 janvier 2007, nouveau fait divers sur deux-roues. Le scooter de Sarkozy fils est dérobé à Neuilly. Avec une célérité remarquable et au moyen d’un pistage ADN, la police retrouve l’engin en dix jours. Pour M’Hamed, c’en est trop : «On me prend pour un con.» Son père et son frère militent à l’UMP, ils lui suggèrent de tenter un ultime arrangement amiable. Le second se rend au QG de campagne de Nicolas Sarkozy, est reçu par une secrétaire. Toujours rien.

«Principe». M’Hamed Bellouti se décide à porter l’affaire au pénal. Son avocat, M e Christophe Launay, rédige une citation directe en août pour destruction de bien et délit de fuite. «Je ne lâche pas le morceau, par principe. N’importe quel citoyen qui tape une voiture avec délit de fuite est convoqué. Pourquoi cette justice à deux vitesses ? Quand on lui vole son scooter, y a du zèle ; quand il percute ma voiture, y a plus de zèle.» En plus des 260 euros (pour un pare-chocs enfoncé), M’Hamed en demande 4 000 pour préjudice moral : «Pour l’attente, et parce je crois encore à la démocratie.» 

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07 juillet 2007

Comment Nicolas Sarkozy manipule la gauche

L''ouverture est un long supplice de chaque jour pour le Parti socialiste. Pensait-il que l'offensive de l'Elysée avait cessé après la proposition faite à Jack Lang d'intégrer, au côté de d'Edouard Balladur et de Pierre Mazeaud la future commission chargée de réfléchir à la "modernisation des institutions" ? Sans laisser le PS reprendre souffle, Nicolas Sarkozy confie son intention de soutenir la candidature de Dominique Strauss-Kahn à la direction générale du Fonds monétaire international (FMI), en remplacement de l'Espagnol Rodrigo Rato.Nous marchons main dans la main", a expliqué le chef de l'Etat, jeudi 5 juillet, lors d'un déjeuner avec des intellectuels à l'Elysée. Une information révélée sur le site Internet du Monde, vendredi 6 juillet, et que le chef de l'Etat devait confirmer le 8 juillet dans un entretien au Journal du dimanche avant de l'évoquer le lendemain lors de la réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles.

Depuis son arrivée au pouvoir, M. Sarkozy s'est fixé pour objectif d'"asphyxier" la gauche : "Je veux occuper tout l'espace, c'est la règle", a confié le chef de l'Etat, peu après son élection. D'abord concentrée sur les personnalités en rupture avec le PS (Eric Besson, Bernard Kouchner, Jean-Pierre Jouyet, Martin Hirsch, Fadela Amara, Jean-Marie Bockel), la stratégie de l'ouverture se poursuit aujourd'hui en direction des "éléphants", qui voient désormais s'amenuiser leurs chances de revenir au pouvoir. Les ministres étant choisis, restent les commissions, les missions, les honneurs. Ancien ministre des affaires étrangères, Hubert Védrine a ainsi hérité d'une mission sur la mondialisation, Jacques Attali, ex-conseiller de François Mitterrand, d'une autre, sur la réforme de l'aide au développement.

Après cinquante jours passés à la tête de l'Etat, M. Sarkozy aura ainsi enrôlé une dizaine de personnalités classées à gauche. Cela ne lui suffit visiblement pas. Les rubriques d'échos des quotidiens et des hebdomadaires rapportent des "contacts" établis entre l'Elysée, via le chef de l'Etat lui même ou son secrétaire général Claude Guéant, et des socialistes. Jean-Yves Le Drian, Malek Boutih, Manuel Valls, Julien Dray ont tous eu droit à des propositions qu'ils ont déclinées. Mais le secret a été rapidement éventé, mettant les dirigeants du PS en fureur et favorisant, à l'encontre des personnalités approchées, un soupçon sur leur fiabilité.

Le choix du candidat de la France pour la direction du FMI est un cas d'école. L'Elysée a d'abord feint de s'intéresser à Laurent Fabius comme à M. Strauss-Kahn. "Ces noms sont intéressants", a confié au Monde M. Guéant, alors que "DSK" bénéficiait déjà du soutien exclusif du chef de l'Etat.

Déboussolés, fabiusiens et strausskahniens mènent l'enquête, soupçonnant le chef de l'Etat de "jouer" avec les candidatures, comme un matou avec des souris mortes.

Reçu pour la seconde fois à l'Elysée, vendredi 6 juillet, pour parler de l'Europe, M. Fabius est ressorti de son entretien avec M. Sarkozy sans dire un mot. Le FMI ? "Ils ne l'ont même pas évoqué pendant tout l'entretien", assure un proche.

En l'absence de "DSK", qui est à l'étranger, ses partisans souhaitent minimiser le rôle du chef de l'Etat et citent le premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Junker, comme promoteur de la candidature de l'ancien ministre de l'économie. Une façon d'écarter le soupçon d'une "entente préalable" entre leur mentor et le chef de l'Etat. Selon Pierre Moscovici, les deux hommes ne "marchent main dans la main, Ce n'est pas Nicolas Sarkozy qui a mis le nom de "DSK" sur la table. Il feint d'être l'auteur de tout, mais Dominique n'a rien demandé. Il n'a donc pas à se prononcer dans un échange avec le chef de l'Etat. Ce n'est pas une affaire franco-française". Un autre proche de DSK a indiqué que "la question se posera dès lors qu'un consensus européen ayant reçu l'approbation des Etats-Unis sera réuni".

Mais qu'importent pour l'Elysée les démentis des uns ou les précisions emberlificotées des autres. Ce sont deux nouveaux noms de personnalités socialistes, qui vendredi, ont été associés, bon gré mal gré, à la stratégie élyséenne. Les dégâts qu'elle a déjà provoqués à gauche, les divisions qu'elle suscite, encouragent M. Sarkozy à aller plus loin "dans les semaines et les mois qui viennent" comme il l'a promis au nom "du rassemblement", lundi 2 juillet à Strasbourg. Alors que des élus de l'UMP rechignent à pactiser avec les ennemis d'hier, le chef de l'Etat peut leur opposer son succès tactique. Le PS s'égosille ? L'accuse "d'organiser une opposition à sa convenance" ? Le chef de l'Etat, "euphorique" selon ses visiteurs, s'amuse le voir désormais défendre les institutions de la Ve République alors qu'il a mis à son programme le passage à la VIe... "La droite est du côté du mouvement, la gauche, du côté de l'immobilisme", a répété M. Sarkozy durant toute sa campagne. Devenu président, il compte en apporter quotidiennement la preuve.

Isabelle Mandraud et Philippe Ridet

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Sarkozy se venge...

La mutation s'est faite discrètement et de manière précipitée. Le commissaire divisionnaire Jean-François Gayraud, chef du département des affaires internationales de la Direction de la surveillance du territoire (DST), va quitter son service. Ainsi en a décidé le cabinet du ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, jeudi 5 juillet.

Ce proche du directeur de la DST, Pierre de Bousquet - qui deviendra à la mi-juillet préfet des Hauts-de-Seine - a été entendu par les policiers, le 8 mars, dans l'enquête Clearstream. En tant que chef de groupe à la sous-direction de la sécurité et de la protection du patrimoine à la DST, il fut chargé en 2004 de procéder aux vérifications sur l'origine des faux listings. Il a changé d'affectation à l'intérieur du service en avril 2006.

La décision de le faire quitter la DST a été prise par "souci de management, d'efficacité et d'intérêt général", selon un membre du cabinet. Elle serait la conséquence de l'arrivée imminente de Bernard Squarcini à la tête de la DST. Il s'agirait, dit-on au cabinet de Mme Alliot-Marie, d'éviter un conflit entre les deux hommes.

Chargé par Nicolas Sarkozy de la fusion de la DST et des Renseignements généraux, M. Squarcini fait partie du plus proche entourage policier du président. Un entourage convaincu que, dans l'affrontement entre M. Sarkozy et Dominique de Villepin, M. Gayraud a pris parti pour le second.

DST et ministère de l'intérieur rejettent avec vigueur tout lien entre les développements de l'affaire Clearstream de ces derniers jours et la mutation du commissaire divisionnaire. Celui-ci devrait intégrer le secrétariat général du ministère, à la mission des affaires internationales.

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03 juillet 2007

Matignon: comment Fillon a creusé sa propre tombe

                                   

      

Face à un Président hyperactif, le Premier ministre fait de la figuration. Une évolution qu'il a lui-même théorisée.

Sarkozy et Fillon le 18 juin (Patrick Kovarik/Reuters)

"Il va vous étonner!" L'entourage du Premier ministre est confiant: il devrait reprendre la main ce mardi avec son discours de politique générale devant l'Assemblée nationale. Balayée l'ombre omniprésente de Nicolas Sarkozy qui l'empêche d'être dans la lumière?

François Fillon entend enfin faire respecter l'article 21 de la Constitution: "Le Premier ministre dirige l'action du gouvernement."  Il l'avait d'ailleurs affirmé haut et fort dans une interview accordée aux Echos le 30 avril dernier: "Quant à la fonction, elle sera ce qu'en fait notre Constitution!" S'il le pensait réellement, non seulement la déception doit être grande, mais la contradiction davantage encore.

Déception, car la présidentialisation du régime va galopant. Super ministre, le chef de l'Etat est omniprésent. Une grogne des syndicats étudiants? Sarkozy vient à la rescousse et lâche du lest (lire notre article sur la rebuffade de Valérie Pécresse). L'Union européenne en panne? Le nom du ministre des Affaires étrangères n'apparaît nulle part. Même quand Guy Roux rencontre des difficultés à faire valider son diplôme d'entraîneur de football, le président de la République entre en jeu.

Et surtout contradiction, parce que François Fillon est l'un des principaux instigateurs de ce qu'il est désormais convenu d'appeler une "hyperprésidentialisation" du régime. Tête pensante d'un système dont il subit aujourd'hui les conséquences, François Fillon a-t-il lui-même creusé sa tombe? La phase préparatoire du programme présidentiel de l'UMP tend à le prouver.

1er avril 2006, convention de l'UMP sur les institutions. Celui qui est encore blessé par son absence du gouvernement Villepin prend la parole et prône "une République moderne". Le message est limpide:

"Pour moi, le chef de l'Etat doit être un acteur engagé. Il doit non seulement décider mais aussi s'expliquer de façon constante sur ses choix. Il doit être dans l'arène. Bref, il doit gouverner! Dans cette perspective, je trouve, par exemple, anormal et frustrant que le président de la République ne puisse se rendre au Parlement pour défendre de vive voix sa politique."

20 juin 2007, première interview télévisée du chef de l'Etat. Sur TF1, les mêmes mots sortent de la bouche de Nicolas Sarkozy:

"Le président de la République doit pouvoir s'expliquer devant le Parlement. Aujourd'hui, vous vous rendez compte, si je veux rendre compte au Parlement, qui est l'expression de la souveraineté nationale, de ce qu'on va discuter jeudi et vendredi au Conseil européen, tenez-vous bien Patrick Poivre d'Arvor, le ridicule est infini: je dois rédiger un message qui sera lu par un tiers devant l'Assemblée nationale debout, écoutant le message du président de la République. Est-ce que, franchement, en 2007, il n'y a pas un peu d'excès là-dedans?"

François Fillon réitérera à plusieurs reprises sa position sur l'importance que doit revêtir l'action du chef de l'Etat. "Elu pour cinq ans par tous les Français, il dispose de la plus forte légitimité. C’est donc lui qui doit gouverner, directement, sans écran", déclarait-il au colloque de l'UMP, organisé le 10 mai 2006 dans les murs de l'Assemblée nationale. 

Déjà, le quinquennat avait transformé la fonction de Premier ministre en un poste de super directeur de cabinet. Désormais, la vision couplée de la tête de l'exécutif place le chef du gouvernement encore plus loin dans l'ombre du chef de l'Etat. Et ce, même si le Premier ministre aimerait faire croire que Nicolas Sarkozy et lui sont "interchangeables".

Posté par pourlavictoire à 22:42 - Les coups de Napoléon... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Incroyable!!!

Pourquoi Cécilia Sarkozy a-t-elle une Carte bleue de l'Elysée?

                                   

      

Du jamais vu à l'Elysée: l'épouse du chef de l'Etat s'est vu attribuer une carte de paiement qui puise directement dans les fonds publics. Et le flou règne sur le sujet.

Spécialiste des finances de l'Elysée, René Dosière a transmis ce mardi une question écrite au Premier ministre pour demander "une clarification de la situation". D'autant que "les sommes débitées ne sont soumises à aucun contrôle extérieur, ni de la Cour des comptes ni du Parlement".

Techniquement, en effet, "elle pourrait être passible de détournement de fonds publics, a expliqué le député apparenté socialiste à Rue89. Car Cécilia Sarkozy n'a aucune existence juridique à l'Elysée."

Dans sa question écrite, il renouvelle donc sa "proposition de donner à l'épouse du chef de l'Etat un statut permanent lui permettant d'agir dans le respect des règles juridiques et comptables qui fondent les valeurs républicaines".

"Madame Sarkozy s'en est servi deux fois pour des déjeuners de travail, ont uniquement déclaré les services de la Présidence, dans le Canard Enchaîné de mercredi dernier. Les factures réglées étaient de 129 et 272 euros."

Mais aucune autre information n'a filtré pour le moment. En attendant une réponse du gouvernement?

Posté par pourlavictoire à 21:54 - Les coups de Napoléon... - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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