19 avril 2009
Hadopiratée par les députés !
Le 9 avril 2009
Coup de théâtre. Jeudi 9 avril, l’Assemblée nationale devait adopter la version définitive du texte anti-piratage ou loi Hadopi. Contre toute attente, les députés l’ont rejeté. Deux députés de la majorité ont voté contre avec l’opposition, pour un résultat final de 15 pour, et 21 contre.
Le président du groupe PS a à l’Assemblée, Jean-Marc Ayrault, a
aussitôt appelé le gouvernement à « renoncer définitivement » au projet
de loi « protection de la création sur Internet », après son rejet par
un vote négatif surprise de l’Assemblée nationale.
« Je demande solennellement, au nom des députés SRC, à ce que le
gouvernement prenne acte de ce vote et renonce définitivement à ce
projet » de loi », a indiqué Jean-Marc Ayrault dans un communiqué.
« Je souhaite qu’il n’utilise pas les mauvaises ficelles de la
procédure parlementaire pour une nouvelle lecture qui s’apparenterait à
un passage en force », a-t-il ajouté.
Sarkozy anti-colonialiste ? Réponse à Jean Daniel
19 avril 2009 - 12:12
Triste coïncidence : c’est dans l’édition du Monde datée du 17 avril, jour anniversaire de la mort d’Aimé Césaire, que Jean Daniel tance Ségolène Royal, coupable de n’avoir pas salué à Dakar l’admirable « profession de foi anti-colonialiste » nichée dans le discours qu’y prononça Nicolas Sarkozy en 2007. L’auteur du magistral Discours sur le Colonialisme doit s’en retourner dans sa tombe ! Concédant que, dans la seconde partie de son discours, le Chef de l’Etat s’était « laissé aller à une méditation ethnologique douteuse », Jean Daniel appelle l’étourdie à se repentir de son péché d’omission et à exprimer ses regrets de n’avoir pas souligné « l’audace » inouïe des propos présidentiels sur la colonisation.
J’ai infiniment de respect pour les engagements au long cours du fondateur du Nouvel Observateur mais j’avoue ma perplexité devant cette étrange distribution de bons et mauvais points.
Passons sur le fait que Ségolène Royal ne s’est pas rendue au Sénégal pour y faire l’exégèse d’un calamiteux discours présidentiel dont elle a, en plusieurs occasions, dénoncé le culturalisme daté et l’essentialisme insultant, produits d’une troublante méconnaissance de l’histoire africaine avant, pendant et après la colonisation. Elle a, à Dakar, développé sa propre vision de relations nouvelles avec l’Afrique du 21ème siècle. Elle n’a pas, cher Jean Daniel, opposé le pays réel au pays légal (ces catégories maurrassiennes ne sont pas les siennes) mais distingué deux visions de l’histoire de France, deux manières de regarder l’Afrique, deux politiques pour aujourd’hui et pour demain. C’est pourquoi elle a, sans édulcoration ni dolorisme, posé les mots justes sur ce qui fut car nul avenir commun ne se construira sur l’éternel retour de l’impensé colonial.
Elle n’a pas, à Dakar, « accablé » la France mais relevé son honneur abaissé par un Chef de l’Etat prisonnier d’un imaginaire où tout recommence toujours : les mêmes mythes euphémisateurs et les mêmes fantasmes ethnocentrés. C’est pourquoi elle a eu raison de dire : « c’est parce que j’aime la France, parce que je la crois suffisamment forte et généreuse que je la veux capable de regarder son histoire en face ». Telle est, en effet, la condition d’une réconciliation non seulement du Sud avec le Nord mais aussi de la France avec elle-même.
Le motif central des remontrances, certes amicales, adressées par
Jean Daniel à Ségolène Royal est le suivant : le discours dakarois de
Nicolas Sarkozy serait composé de deux parties antagoniques, l’une,
irréprochable, relative à la colonisation et l’autre, très contestable,
relative à l’Afrique. C’est cette incohérence qu’elle aurait dû pointer
au lieu de disqualifier l’ensemble des propos présidentiels. Hélas,
cher Jean Daniel, je n’ai nulle part trouvé dans le texte sarkozyen la
réjouissante coupure épistémologique que vous avez cru y déceler. Tout,
au contraire, s’y tient et s’y soutient pour aboutir à ce déni
d’histoire et de réalité qui ne fut pas seulement une insulte faire à
l’Afrique mais aussi une bien mauvaise manière à l’égard de la France.
Je
ne suis, je l’avoue, pas tombée en pâmoison au seul motif que le
Président de la République énonçait des vérités d’évidence sur « les
fautes et les crimes » de la colonisation et qualifiait, comme l’y
oblige depuis 2001 une loi de la République, la traite et l’esclavage
de « crime contre l’humanité ». Dès les premiers paragraphes, Nicolas
Sarkozy glisse que le tort des Européens fut de « désenchanter
l’Afrique » et d’avoir voulu « façonner à leur image » ces colonisés
dont ils ont « abîmé l’imaginaire merveilleux ». Certes, la brutalité
et le pillage ne sont pas tus mais voilà, dès le début, installée
l’opposition éculée entre tradition et modernité. Et précocement
exprimé ce qui sera plus loin complaisamment développé sur l’Afrique
an-historique des mystères et de la magie. Quant à laisser entendre
qu’on eut, en colonisant, surtout le tort de vouloir fabriquer du même
avec de l’autre, c’est omettre que, du Code de l’Indigénat au travail
forcé en passant par les mille déclinaisons de la ségrégation raciale,
sociale, scolaire, civique, tout concourut à institutionnaliser le
refus d’égalité. Approche réductionniste de l’Afrique et évocation
réductionniste de la colonisation forment, hélas, un tout cohérent.
Il faut rendre à Nicolas Sarkozy cette justice : sa lecture
révisionniste de l’entreprise coloniale, nonobstant quelques
amodiations de circonstance, ne date pas d’aujourd’hui. De la loi
scélérate sur « les aspects positifs de la présence française » aux
propos dakarois en passant par de nombreux discours de campagne, on
retrouve toujours cette manière récurrente de faire la part faussement
équitable entre les bienfaits et les méfaits de la colonisation, les
« hommes de bonne volonté » et les « hommes mauvais », les pillages,
les spoliations et les terres cultivées, les routes, les hôpitaux, les
écoles … Il y a un demi-siècle, Aimé Césaire avait déjà répondu à tout
ça.
Car le problème, comme l’a rappelé Ségolène Royal à Dakar, ce
n’est pas qu’il y ait eu de braves et de méchantes gens, c’est que la
colonisation fut un système et une relation structurellement
asymétrique. Là où le discours sarkozyen ruse – un pas en avant, un pas
en arrière, des vilénies indéniables mais aussi de bien belles choses
et de si jolis sentiments – Ségolène Royal tranche sans rien
méconnaître de la complexité des situations vécues. Là gît le désaccord
majeur. Car il ne suffit pas d’émailler son propos de quelques mots
crus pour en être quitte avec l’histoire. Il ne suffit pas de la
« condamnation du cynisme et de la barbarie » pour mériter ce brevet de
rupture anti-colonialiste que Jean Daniel décerne bien légèrement à
Nicolas Sarkozy. Encore faut-il prendre la vraie mesure du rapport de
domination et de son ombre portée sur le temps présent. C’est parce
qu’elle le fait que Ségolène Royal peut rendre hommage à ces
consciences qui comme la vôtre, cher Jean Daniel, s’insurgèrent et à
ceux qui s’engagèrent aux côtés des militants indépendantistes car
« ils défendaient nos valeurs alors que la colonisation en était la
négation ».
Alors non, je n’aperçois dans aucune partie du discours
sarkozyen l’audacieuse veine anti-colonialiste que Jean Daniel y
vante : tout cela est rebattu et usé jusqu’à la corde. Quel dommage,
cher Jean Daniel, que l’ami de Senghor que vous fûtes ne se soit pas
élevé contre celui qui, à Dakar, donna de la conception senghorienne du
métissage une version qualifiée par Makhily Gassama d’injurieuse car
elle laisse entendre que « l’homme africain » devrait se frotter au
blanc et assumer « sa part européenne » pour accéder à la raison, au
progrès et à l’accomplissement humain.
Il y a tout juste un an, Aimé
Césaire nous quittait. Son œuvre incandescente offre toutes les clefs
pour comprendre « la chosification » coloniale, l’ensauvagement du
colonisateur et la duplicité de ceux qui s’évertuent à manier
« l’oublioir ». En 2005, Ségolène Royal avait recommandé à Nicolas
Sarkozy la lecture du Discours sur le Colonialisme. Il n’y a
malheureusement pas puisé son inspiration. A moins qu’il ne l’ait lu
comme celui dont Césaire brossait l’ironique portrait : « son cerveau
fonctionne à la manière de certains appareils digestifs de type
élémentaire. Il filtre. Et le filtre ne laisse passer que ce qui peut
alimenter la couenne de la bonne conscience (…). D’un battement
d’oreilles, il chasse l’idée. L’idée, la mouche importune ». Le
discours de la bonne conscience intègre désormais ce qu’il n’est plus
possible de nier. Mais il reste indécrottable, continuant de projeter
ses hantises sur ce qu’il ne comprend pas et d’offrir son renfort au
cynisme d’Etat. J’aurais aimé, cher Jean Daniel, que votre perspicacité
s’en avisât.
Sophie Bouchet-Petersen
27 avril 2008
Sarkozy ne sort pas des contradictions de la droite française
Par Jean-Yves Camus | Chercheur en science politique | 25/04/2008 | 12H08
Le discours de Nicolas Sarkozy est celui d'un national-libéralisme qui cherche à concilier l'hyper-volontarisme et la soumission aux règles d'un capitalisme malgré tout assez marqué par l'idée d'un rôle régulateur et protecteur de l'Etat, encore ancré dans le cadre de l'Etat-Nation.
Ce n'est pas, à proprement parler, un discours ultra-libéral. Toutefois, comme d'ailleurs toujours à droite, à l'exception des partisans -minoritaires- de l'ultra-libéralisme, le Président n'arrive pas à assumer la dimension idéologique de ses choix: ceux-ci sont toujours présentés comme découlant de la simple observation du réel, du"bon sens".
C'est aussi un discours qui reste trop flou pour recréer les conditions de la confiance, et trop déconnecté des observations des français sur leur vie quotidienne, pour être crédible.
Sur les rapports avec le FN, le Président inverse les thèmes
Sur la question de l'immigration et de l'identité nationale, le président Sarkozy semble dire que c'est la disparition du FN qui lui permet aujourd'hui de tenir un "langage de vérité".
Il inverse les termes: c'est le durcissement du discours de la droite sur ces questions qui a permis l'assèchement de l'électorat frontiste. Et il en reste encore quelque chose, en particulier lorsqu'il semble confondre demande de régularisation et demande de naturalisation.
Enfin, sur les questions de politique étrangère, l'essentiel a été esquivé: les conditions du rapprochement franco-libyen ( alors qu'aujourd'hui même, Khadafi a déclaré que la situation à Gaza était pire que celle dans les camps de concentration, la question de la nature du régime libyen n'a pas été abordée); l'échec de la médiation au Liban; l'alignement sur l'Otan et les Etats-Unis.
On regrettera également que, décrivant l'Etat palestinien selon ses voeux, il n'ait pas inclus le mot"laïque" dans sa définition, ce qui avait pour effet de relativiser sa condamnation du Hamas.
Quelqu'un peut-il expliquer au Président Sarkozy ce qu'est un titre de séjour?
Par Pascal Riché | Rue89 | 25/04/2008 | 10H17
Nicolas Sarkozy a fait une étrange bourde, jeudi soir: un amalgame entre demande d'un titre de séjour et demande de la nationalité française. Son discours sur l'immigration avait pourtant bien commencé: les immigrés sont des êtres humains, la France est une terre de métissage, etc. Yves Calvi l'interroge sur ces sans-papiers qui travaillent en France depuis longtemps. Ne peut-on pas leur donner un titre de séjour? Réponse du Président:
"Il y a une loi, M. Calvi. (...) On ne devient pas français parce qu'on travaille dans la cuisine d'un restaurant, aussi sympathique soit-il."
Bon, se dit-on, peut-être une simple erreur, un petit court-circuit sous son crâne. Mais il confirme un peu plus tard, à propos des régularisation des 800 sans-papiers qui en demandent, des papiers:
"La loi prévoit un certain nombre de critères pour devenir français. D'abord, il faut le demander. Ensuite, il faut parler français. Enfin, il faut justifier soit d'un contrat de travail, soit d'un minimum de ressources."
Calvi ne relève pas la confusion, mais continue à l'interroger. Le fait d'avoir une fiche de paye pendant plusieurs années ne vaut-elle pas titre de séjour? Le Président, de nouveau, fait l'amalgame:
"Non. Ou alors il faut que le Parlement vote une loi qui consiste à dire que toute personne qui a un contrat de travail en France a vocation à être français. C'est pas la loi. Pour avoir vocation à être français, il faut signer un contrat d'intégration où on s'engage à respecter la loi, à apprendre le français, à avoir un logement. Il suffit pas qu'un des adhérents de M. Daguin donne un contrat, dans les conditions par ailleurs qu'il faut qu'on examine pour devenir français. La nationalité, la citoyenneté, ça obéit à des règles!"
A trois reprises, donc, il a confondu régularisation et naturalisation. Pour le Président, le titre de séjour est équivalent à l'octroi de la nationalité française. Un vieux fantasme souvent exploité par l'extrême droite, cette même extrême droite que Sarkozy se vante d'avoir fait disparaître. "J'essaye de responsabiliser le débat sur l'immigration", déclare-t-il pourtant en conclusion, "de poser un débat civilisé et responsable"...
PS: une autre bourde (mais en est-ce vraiment une?) m'a fait sursauter. L'étrange distinction affective faite entre les Turcs et les Suisses. Selon le Président, on peut organiser un référendum sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, mais il serait absurde de le faire si la Suisse était candidate. Pourquoi? Parce que la Suisse est naturellement un pays européen. OK, pourquoi pas. Mais pour conclure son propos, Nicolas Sarkozy déclare: "Ce ne serait pas la même décision de faire entrer nos amis Suisses que la Turquie." Les uns ont le titre d'"amis", pas les autres.
21 avril 2008
ils payent des impôts mais n'existent pas...
Grève des salariés sans-papiers : une mobilisation inédite en France !
jeudi 17 avril 2008
C’est une première en France ! 300 salariés sans-papiers ont commencé, mardi 15 avril, une grève illimitée dans une vingtaine d’entreprises. Le Mouvement des Jeunes Socialistes dénonce les conditions dans lesquelles ces personnes sont employées et exploitées. Considérés comme nécessaires dans l’activité économique du pays, ces salariés de l’ombre exigent d’être reconnus. Ils entendent dénoncer leur situation et réclamer leur régularisation immédiate. Ces grévistes réclament aussi l’application d’une mesure gouvernementale française du 7 janvier 2008 qui prévoie de régulariser les travailleurs en situation irrégulière « à titre exceptionnel » dans les secteurs où le manque de main-d’œuvre est symptomatique. Mais sous certaines conditions...
L’occupation, préparée depuis une semaine dans la plus grande discrétion, est prévue pour un temps indéfini, nuit et jour. Dans certains endroits, de simples piquets ont été installés, dans d’autres, ce sont des occupations physiques, comme à Villejuif, mais dans le calme. C’est bien pour alerter l’opinion publique que cette action a été mise en œuvre avec comme objectif d’interpeller les entreprises pour qu’elles fassent, elles aussi, pression sur le ministère.
Les employeurs connaissent parfaitement la situation de cette main-d’œuvre qu’ils exploitent. Très souvent, ils ont signé un contrat de travail, mais avec de faux papiers. Ces salariés ont tous des fiches de paye, ils déclarent leurs impôts et ils cotisent sans avoir de bénéfices en retour. Sans papier, ils sont obligés d’accepter tous les emplois et ils sont confrontés à des conditions de travail largement en deçà des nationaux ! C’est qu’on appelle la "délocalisation sur place". Nous voulons plus de sanctions pour ces employeurs qui profitent de la faiblesse des autres pour mieux s’enrichir.
Le Mouvement des Jeunes Socialistes demande au gouvernement d’entendre enfin les revendications de ces travailleurs en situation irrégulière. Nous soutenons ces grèves ; décision courageuse, lorsqu’on sait que ces personnes vivent en fugitifs dans des conditions d’extrême précarité au quotidien. Les risques sont grands. Ces derniers mois, les reconduites à la frontière sont de plus en plus fréquentes et se font dans des conditions scandaleuses. Le Mouvement des Jeunes Socialistes réaffirme la nécessaire régularisation de tous les sans-papiers. Une nouvelle fois, nous dénonçons l’humiliation qui est faite à ces hommes et à ces femmes et qui, avec le soutien des syndicats, des associations et des partis politiques de gauche, doivent continuer à faire valoir leurs droits !
11 janvier 2008
Du « sérieux » ? Dommage, les Français attendaient du concret !
mardi 8 janvier 2008
Le Mouvement des Jeunes Socialistes dénonce une conférence de presse qui se transforme en show de campagne très loin de ce que les Français sont en droit d’attendre dans une période où ils sont face à plusieurs difficultés.
Nicolas Sarkozy a fait une longue intervention en dissertant maladroitement sur sa nouvelle marotte : la politique de civilisation. Le bilan des annonces est nul pour les français. Statu quo sur le pouvoir d’achat, aucune proposition sur le dérapage des prix, ni sur l’emploi, ni sur les salaires. Quant à son bilan, il est en totale contradiction avec ses propos, le président déclare en toute simplicité sa volonté de mettre fin aux 35h, n’hésitant pas à renier ses promesses de campagnes.
Entre double discours et grande illusion, Nicolas Sarkozy assume sa démagogie. Il n’a cessé de le répéter : « moi, j’assume ». Il assume et il assure sa communication certes, mais qu’en est-il de sa réponse aux principales préoccupations des Français ? Par contre il n’oublie pas la campagne des municipales, à tel point qu’après ses propos, on pourrait se demander s’il ne s’imagine pas candidat à la mairie de Paris.
07 octobre 2007
L'Assemblée met son nez dans la Françafrique
Par Mathieu Szeradzki (Etudiant) 00H08 07/10/2007
En créant une mission d'information sur la politique africaine, les députés empiètent sur le "domaine réservé" de l'Elysée.

La commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale vient de créer une mission d’information sur la politique africaine de la France. Cette intrusion du Parlement dans un domaine traditionnellement réservé à l’Elysée étonne.
C’est Axel Poniatowski, député UMP du Val-d’Oise et président de la commission, qui a pris cette initiative. La mission sera présidée par Jean-Louis Christ, député UMP du Haut-Rhin, qui se défend de toute influence élyséenne: "Nous travaillons en toute indépendance, nous n’avons reçu aucun ordre". L'élu alsacien ne cache pas ses ambitions:
"Nous allons peut-être, petit à petit, percer les secrets et l’hermétisme qui entourent ces relations. Nous avons tous besoin que les relations avec l’Afrique soient des relations claires, transparentes, et tournées vers l’avenir, et nous espérons que le vent de réforme insufflé par Nicolas Sarkozy atteindra l’Afrique."
La politique africaine de Sarkozy encore mal définie
Sortir d’une relation de "charité" pour mettre sur pied un véritable partenariat, tel est le but déclaré des parlementaires. Doit-on y voir un désir de concurrencer la cellule africaine de l’Elysée? Souvent critiquée parce qu'elle échappe à tout contrôle parlementaire et ne brille pas par sa transparence, elle reste attachée historiquement aux "réseaux Foccart", du nom du "Monsieur Afrique" de la Ve République.
Depuis quelques mois, la politique africaine de la France est sujette à des turbulences. D’une part, Nicolas Sarkozy donne le ton par ses discours répétés sur la rupture avec l’ancien système avec, à titre d’exemple, l’ouverture d’une enquête judiciaire sur les biens "mal acquis" de chefs d’Etat africains. D’autre part, le discours de Dakar sur "l’homme africain", les visites aux "vieux amis" de la Françafrique, les références à Jacques Foccart, sont autant de signes d’une certaine continuité. La volonté affichée de redéfinir les relations entre la France et l’Afrique laisse donc beaucoup d'observateurs sceptiques.
Les députés ne veulent plus être "les dindons de la farce"
L'initiative des parlementaires changera-t-elle la donne? En tout cas, pour William Bourdon, avocat et président de l'association Sherpa, les députés, de droite ou de gauche, en ont assez d'être "les dindons de la farce" en matière de politique africaine.(Voir la vidéo.)
Une telle entrée des parlementaires dans un domaine traditionnellement confisqué par l'Elysée est une avancée institutionnelle importante. Mais les députés auront-ils assez de liberté d'action pour changer des pratiques vieilles comme la Ve République?
et il est toujours libre...
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| Un haut responsable du Medef, de Denis Gautier-Sauvagnac, est soupçonné d’avoir détourné 5,64 millions d'euros entre 2000 et 2007 sur les comptes de l'Union des industries des métiers de la métallurgie (UIMM), une autre organisation patronale qu'il préside… |
ça chauffe à droite
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| Ils sont grognons les députés UMP et du Nouveau Centre, car ils n’apprécient pas de voir les postes attribués à de vulgaires socialistes, ni la façon dont le Gouvernement conduit les réformes (un peu trop vite)… Du coup, Nicolas Sarkozy a été obligé de « recadrer » les parlementaires de sa majorité ! |
20 septembre 2007
Clearstream
Dominique de Villepin est convoqué aujourd’hui par les juges en charge du dossier Clearstream. Mis en examen fin juillet pour complicité de dénonciation calomnieuse, il avait refusé de s’exprimer en détails, souhaitant au préalable consulter l’énorme dossier. C’est chose faite, et son audition devrait relever du marathon. Ces derniers temps, Villepin a multiplié les piques contre Sarkozy, sa politique en général, sa double casquette de président de la République et de partie civile. Pénalement sûr de lui, il risque de vaciller politiquement.
Manip politique. Après bien des circonvolutions, les principaux protagonistes, le général Philippe Rondot et Jean-Louis Gergorin, sont convenus que Villepin, en ses attributions successives (ministre des Affaires étrangères puis de l’Intérieur), a soufflé sur les braises de l’affaire Clearstream, à défaut d’en être le cerveau. A entendre l’un (Gergorin, dans sa dernière audition fleuve) et lire l’autre (Rondot, dans des notes de son disque dur), Villepin ne les a pas seulement encouragés à enquêter sur de supposés comptes bancaires occultes, mais aurait également donné instruction de transmettre les résultats à la justice. «Avec le recul» , Gergorin dit son «sentiment d’avoir été envoyé au casse-pipe» en transmettant anonymement des listings falsifiés au juge Van Ruymbeke. Il laisse entendre qu’Imad Lahoud (soupçonné d’avoir bidouillé les données bancaires), après avoir appâté son monde avec les rétrocommissions des frégates de Taïwan, aurait fait miroiter l’affaire Sawari II (la vente de frégates à l’Arabie Saoudite). Bingo : sur ce marché conclu sous la deuxième cohabitation, les chiraquiens prêtent aux balladuriens les plus noirs desseins. Sont alors apparus non seulement un compte italien au nom de Sarkozy, mais aussi un compte argentin au nom de Hortefeux…
Délit impossible. C’est un principe du droit pénal : pas de délit sans intention délictueuse . En l’espèce, pas de dénonciation calomnieuse si les propagateurs des faux listings ignoraient leur fausseté. Villepin et Gergorin affirment y avoir longtemps cru. Selon un exégète, ce ne serait que le 27 juillet 2004, deux mois après la transmission des listings contrefaits, que Rondot, sur la foi d’un tuyau des services secrets suisses, aurait acquis la conviction que tout était bidon : «Jusqu’au 27 juillet, ce n’est pas joli-joli de dénoncer des petits camarades, mais ce n’est pas pénal.» Après le 27, le mal est déjà fait, sauf que personne n’alerte Van Ruymbeke sur la fausseté des informations transmises.
Vérités et faux-semblants. Villepin a déjà proclamé que son seul intérêt pour l’affaire Clearstream relevait de la lutte contre la criminalité internationale, en tant que locataire du quai d’Orsay. Une fois place Beauvau, il n’aurait mandaté la DST qu’en vue d’identifier le corbeau - qu’il connaissait pour l’avoir rencontré neuf fois au premier semestre 2004. Perquisitionnant son domicile, les enquêteurs sont tombés sur des notes de la DST, dont le contenu irait au-delà d’une saine curiosité.

