21 avril 2008
La Chine...
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| Suite au couac de la flamme olympique à Paris, des appels au boycott du distributeur Carrefour ont été lancés en Chine. Des manifestations ont eu lieu ce week-end dans plusieurs villes chinoises devant les magasins de la marque… | |
08 janvier 2008
Mehdi, 24 ans, un Français "sans titre de séjour" pour l'ANPE
Par Chloé Leprince (Rue89) 15H37 08/01/2008
Mehdi
Aboualiten a 24 ans. Il vit dans le Xe arrondissement à Paris, chez ses
parents: une mère française, un père né au Maroc qui a la nationalité
française depuis "trente ans", obtenue à son mariage avec la mère de
Mehdi.
Lui n'a jamais eu la nationalité marocaine. Il ne parle pas l'arabe et n'a que des papiers français qui indiquent "Mehdi Fernand Mohamed Aboualiten", en souvenir du prénom de ses deux grands-pères. Il dit qu'il se sent "jambon-beur, moitié-moitié mais quand même en majorité très Français".
Medhi alterne son activité de vidéaste avec des périodes de petits boulots. Après avoir réalisé la décoration d'une boutique de vêtements et travaillé durant un an, il peut prétendre aux allocations chômage. Le 26 décembre, sur le coup de 11 heures, il se présente à l'antenne Assedic du passage Dubail, près du canal Saint-Martin, non loin de son domicile, pour y présenter son dossier.
Problème:
il a bien préparé fiches de paye, et a même son livret de famille en
poche, mais a oublié la photocopie de sa carte d'identité. Il devra
donc revenir. Mais, quelques jours plus tard, arrive par la Poste un courrier à en-tête de l'ANPE, que s'est procuré Rue89:
"Vous ne remplissez pas à ce jour la (les) condition(s) pour être inscrit(e) sur la liste des demandeurs d'emploi:
Vous n'avez pas présenté de titre de séjour ou de travail vous permettant d'accéder au marché du travail."
Titre de séjour? Sur son dossier, Mehdi Aboualiten avait pourtant coché "nationalité française". Il avait bien omis de verser au dossier une photocopie de sa carte d'identité. Mais c'est bien sur la seule base de son patronyme que les services ont préjugé qu'il était étranger et donc qu'il avait besoin d'un "titre de séjour" pour travailler en France.
Lui qui n'a jamais eu d'autres papiers que tricolores est choqué; son père, carrément outré. Même si, à 24 ans, le jeune Parisien s'estime "insulté", il confie pourtant s'être fait aux contrôles de police "pour les bronzés"... "quand ils sont bien faits":
C'est la première fois que le jeune homme dit avoir "la preuve écrite" d'un délit de faciès, même s'il raconte, au quotidien, "les contrôles de police" et les taxis qui le snobent lorsqu'il les hèle la nuit.
Pour l'heure, le demandeur d'emploi n'a pas encore répondu au courrier du 27 décembre. Contacté par Rue89, le service de presse de l'Unedic n'avait pas donné suite à nos sollicitations mardi après-midi.
Mais, côté syndicats dans les services publics de l'emploi, on note qu'on franchit ici "un nouveau pas très inquiétant". Au SNU-ANPE, Sylvette Uzan-Chomel estime peu probable que le courrier envoyé à Mehdi Aboualiten relève de consignes explicites, et songe davantage à "une initiative individuelle". Elle dénonce toutefois "le résultat d'un climat général qui incite au zèle".
07 octobre 2007
Fillon raciste?
Après la "faillite", le "détail" de Fillon provoque des remous< - La sémantique de François Fillon a de nouveau provoqué des remous dans le monde politique ce week-end, le Premier ministre ayant qualifié de "détail" l'amendement ajouté à la loi sur l'immigration qui permet les tests ADN pour le regroupement familial.
"Ce n'est pas un détail, c'est même quelque chose d'une gravité extrême", a riposté sur Radio J le député socialiste Pierre Moscovici, qui demande au Premier ministre de "rectifier" ses propos "très connotés".
"Je fais crédit à M. Fillon de sa bonne foi. Je ne le pense pas en complicité quelconque avec la pensée de Jean-Marie Le Pen", a souligné Pierre Moscovici.
Lors du conseil national de l'UMP samedi, François Fillon a estimé que les polémiques entourant l'amendement ADN avaient "grossi jusqu'au ridicule un détail" pour finalement masquer "l'essentiel" de la loi sur la "maîtrise de l'immigration".
Ses déclarations sont passées quasiment inaperçues auprès des responsables du parti majoritaire réunis à Paris. Seule Nadine Morano a défendu ce choix de mots. "Une tache sur un manteau, un bouton sur une veste, c'est un détail par rapport à la couleur du vêtement", a déclaré sur France Inter la porte-parole de l'UMP.
Fin septembre, le chef du gouvernement avait déjà déclenché un tollé en déclarant que la France était en état de "faillite au plan financier".
NOUVELLE MALADRESSE VERBALE ?
"Je suis comme je suis, je m'exprime librement", s'était-il défendu trois jours plus tard tout en nuançant son propos, évoquant une "situation critique" des finances publiques.
Plusieurs ministres se sont également fait épingler depuis la rentrée pour leur vocabulaire, Christine Lagarde parlant d'un "plan de rigueur" pour les fonctionnaires ou Bernard Kouchner laissant entendre que la "guerre" était désormais possible contre l'Iran.
Invité sur Canal + dimanche, Lionel Jospin a réclamé le retrait pur et simple de l'amendement ADN qu'il juge "néfaste" et qui a été finalement adopté par les sénateurs après une semaine d'imbroglio politico-juridique.
De toutes façons, le gouvernement risque la censure du Conseil constitutionnel "s'il s'obstine", a estimé l'ancien Premier ministre socialiste.
Selon Rama Yade, secrétaire d'Etat chargée des droits de l'Homme, la polémique sur le fond "n'a plus lieu d'être parce que cette disposition a été équilibrée" lors de son passage au Sénat.
Les organisations de lutte contre le racisme sont montées au créneau contre les propos de François Fillon.
"Par cette déclaration, le Premier ministre signe non seulement son compagnonnage avec l'extrême-droite mais participe dangereusement à sa banalisation", accuse le président du Mrap, Mouloud Aounit, qui ne croit pas à une maladresse verbale.
"En employant sciemment le mot détail (...) il franchit les limites de l'insoutenable et de l'indécence", déplore-t-il dans un communiqué.
Même constat pour le président de France-Terre d'Asile, Pierre Henry. Le chef du gouvernement "fait sciemment monter les enchères" à des fins électoralistes, a-t-il déclaré sur France Info.
La droite veut actuellement "agréger (...) toute une frange de l'électorat qui se réfugiait dans le vote Front national", a-t-il ajouté.
Selon un sondage CSA pour Le Parisien, 47% des Français pensent que les tests ADN sont une bonne chose et 45% les jugent contraires aux valeurs de la société française.
LA honte pour nous!
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| Les sénateurs ont adopté le projet de loi sur la maîtrise de l'immigration de Brice Hortefeux, y compris les fameux tests ADN (à titre expérimental) pour les candidats au regroupement familial… Comme quoi le Sénat ne sert finalement pas à grand chose. |
Les tests ADN contre-nature
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[03/10/07]
Ségolène Royal signe la pétition contre les tests ADN |
| "Touche pas à mon ADN" | |
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En instaurant des tests ADN pour prouver une filiation dans le cadre
d’un regroupement familial, l’amendement Mariani, adopté par
l’Assemblée Nationale, fait entrer la génétique dans l’ère d’une
utilisation non plus simplement médicale et judiciaire mais dorénavant
dévolue au contrôle étatique. Cette nouvelle donne pose trois séries de
problèmes fondamentaux. Tout d’abord, des problèmes d’ordre éthique. En effet, l’utilisation de tests ADN pour savoir si un enfant peut venir ou non rejoindre un parent en France pose d’emblée cette question : depuis quand la génétique va t’elle décider de qui a le droit ou non de s’établir sur un territoire ? Au-delà, depuis quand une famille devrait-elle se définir en termes génétiques ? Sont pères ou mères les personnes qui apportent amour, soin et éducation à ceux et celles qu’ils reconnaissent comme étant leurs enfants. Ensuite, cet amendement fait voler en éclats le consensus précieux de la loi bioéthique qui éloignait les utilisations de la génétique contraires à notre idée de la civilisation et de la liberté. Enfin, cet amendement s’inscrit dans un contexte de suspicion généralisée et récurrente envers les étrangers qui en vient désormais à menacer le vivre ensemble. Car tout le monde s’accorde à dire que la fraude au regroupement familial ne peut être que marginale au regard des chiffres d’enfants annuellement concernés et au regard de l’absence de raison substantielle qu’il y aurait à frauder dans ce domaine. En effet, quelle étrange raison pousserait les immigrés à faire venir massivement dans notre pays des enfants qu’ils sauraient ne pas être les leurs ? Autrement dit, l’amendement instaurant les tests ADN n’a pas pour fonction de lutter contre une fraude hypothétique mais bien de participer à cette vision des immigrés que nous récusons avec force. Nous sommes donc face à un amendement qui, sur les plans éthique, scientifique et du vivre ensemble introduit des changements profondément négatifs. C’est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons le Président de la République et le Gouvernement à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l’idée que l’on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d’un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l’immigration. |
| > Signer la pétition |
20 septembre 2007
L'étoile jaune... honte sur l'assemblée!
Les députés ont adopté dans la nuit de mercredi à jeudi, par un vote à main levée, le projet de loi très controversé sur la «maîtrise de l’immigration»
présenté Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration, de l’Intégration
et de l’Identité nationale. Le texte, que le Sénat examinera à partir
du 2 octobre, a été approuvé par l’UMP et le Nouveau Centre. Le PS, le
PCF et les Verts ont voté contre.
Vers minuit, les députés ont accepté l’amendement controversé de Thierry Mariani (UMP) sur les tests ADN,
par 91 voix contre 45. Ils sont autorisés, à titre expérimental,
jusqu’au 31 décembre 2010, pour les étrangers candidats au regroupement
familial voulant apporter une preuve de leur filiation. L’examen
génétique, facultatif et fait après consentement express du demandeur,
lui sera remboursé si le visa est accordé. En outre une commission sera
mise en place pour évaluer «annuellement les conditions de mise en œuvre» du dispositif.
Le texte, qui a pour objet de compléter
les lois de 2003 et 2006 sur l’immigration, prévoit que toute personne
de plus de 16 ans demandant à rejoindre la France au titre du
regroupement familial devra se soumettre à «une évaluation de son degré de connaissance de la langue et des valeurs de la République»
dans son pays d’origine. Et prévoit également le passage de l’Office
français des réfugiés et apatrides (OFPRA) sous la tutelle du ministère
de l’Immigration et non plus de celui des Affaires étrangères.
Outre l’amendement ADN, les députés ont entériné en séance plusieurs amendements de la commission des Lois de l’Assemblée qui, pour la plupart, durcissent le projet de loi. L’un d’entre eux ramène d’un mois à quinze jours le délai laissé à un étranger pour introduire un recours devant la Commission de recours des réfugiés lorsque l’OFPRA a rejeté sa demande d’asile.
Les députés ont également abrogé une mesure de 2006 autorisant les conjoints étrangers entrés régulièrement et vivant sur le territoire depuis plus de six mois à obtenir leur visa long séjour en France. Dernier dispositif controversé adopté: la levée de l'interdiction du recensement des origines raciales ou ethniques pour la conduite d'études sur la mesure de la diversité des origines des personnes, de la discrimination et de l'intégration.
L'Assemblée nationale a par ailleurs entériné les nouvelles conditions de ressources exigibles pour bénéficier du regroupement familial et qui devront «être, au moins, égales» au SMIC (1.279 euros bruts mensuels) et, «au plus, égales à ce salaire majoré d'un cinquième». Elle a porté le niveau de ressources à 1,33 fois le SMIC pour les familles de «six personnes ou plus».
19 septembre 2007
bientôt l'étoile jaune je vous dis!


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| L'Assemblée nationale examine aujourd’hui le projet de loi de Brice Hortefeux sur l’immigration. Le point le plus controversé du projet est l’amendement qui suggère de faire passer des tests ADN aux candidats au regroupement familial. |
A quand l'étoile jaune pour les immigrés?
Immigration: trente ans de stigmatisation
Par Zineb Dryef (Rue89) 00H10 18/09/2007
Le texte qui arrive à l'Assemblée n'est pas le premier à prétendre mettre fin au "laxisme". Retour en images.

La session extraordinaire s'ouvre en fanfare avec le quatrième texte de loi sur l’immigration depuis 2003. Le gouvernement assure qu’il sera “ferme” mais “protecteur” et qu'il signe la fin du "laxisme". Une rhétorique déjà utilisée sous les précédentes législatures. Seule nouveauté en 2007: le projet de loi émane du jeune ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. Rétrospective.
1973: "La France n’est pas raciste!”
L'immigration de travail est "favorisée": la perte d'emploi implique, pour les étrangers, la perte de la carte de séjour. Lors d'une conférence de presse, le président George Pompidou clame haut et fort que la “France n’est pas raciste!” avant de se reprendre et d'expliquer que, sans une politique ferme, les Français risquent de le devenir. Dans son viseur, "la concentration" des étrangers dans quelques agglomérations et banlieues. La solution? Leur "répartition" sur l'ensemble du territoire. Et George Pompidou d'établir une comparaison pour le moins douteuse: "Il est déjà difficile de vivre avec ses voisins..."

S'ensuivent les années VGE: c'est la fameuse "immigration zéro" à laquelle veut tendre le jeune président de la République. 1981: l'arrivée de François Mitterrand suspend toutes les expulsions. En 1984, la loi sur le titre unique de séjour et de travail est votée à l’unanimité. Ce sera l'exception dans le débat le plus polémique en France.
1986: "Le pays risque d'être embrasé par une flambée de xénophobie"
Dans la nuit du 4 au 5 juillet 1986, Loïc Lefèvre, un automobiliste roulant à contresens, est tué par un policier. Séance très agitée à l’Assemblée nationale. Charles Pasqua est ministre de l'Intérieur. Le débat sur l'immigration qui a alors lieu est contaminé par l'affaire. L'ambiance est houleuse. Charles Pasqua monte tout de même à la tribune: la présence trop forte des immigrés ajoutée à la crise économique est une réalité qui ne peut être "cachée" et qui risque d'aboutir à une vague de...xénophobie. Les mesures de M.Pasqua? Les préfets ont le droit de prononcer la reconduite à la frontière des étrangers en situation irrégulière et la liste des étrangers qui obtiennent de plein droit une carte de résident se fait peau de chagrin.

1989: "Un clandestin? Il doit être renvoyé chez lui"
Mitterrand réélu, la loi Pasqua est assouplie. Interrogé sur la situation des clandestins, le président socialiste appelle à la "fermeté" mais dans "les conditions du droit". En clair: les clandestins doivent être renvoyés chez eux. Du côté des associations, c'est l'exaspération face à une politique jugée peu claire: "Si les entreprises n'ont pas besoin des clandestins, qu'elles le disent et qu'on les renvoit chez eux."

1991: "J'avais le sentiment de ne pas entendre monsieur Chirac mais Jean-Marie Le Pen"
Le torchon brûle entre Edith Cresson, Premier ministre, et Jacques Chirac, président du RPR. L'un accuse le gouvernement de "laxisme", l'autre répond: "On croit entendre Le Pen". Qui, lui, se frotte les mains: "Les électeurs préfèreront l'original à la copie."

1991: "Il faut arrêter toute immigration nouvelle"
Un mois plus tard, c'est le Parti communiste qui se distingue par la distribution d'un tract fustigeant l'immigration ("Trop!"), les "abus" relatifs au regroupement familial et à la distribution des ressources. L'émotion est vive chez les militants.

1996: "Pourquoi l'immigration serait un sujet tabou?"
C'est la foire d'empoigne au Palais Bourbon. Jean-Louis Debré, ministre de l'Intérieur, se lance dans une politique sécuritaire. Le Parti socialiste parle d'instrumentalisation de l'immigration par la droite. Laurent Fabius, s'adressant au ministre de l'Intérieur, lui reproche de se servir de l'immigration comme d'un "bouc émissaire."

1997: "Il faut donner la parole au peuple"
Un an après, le PS est au pouvoir. C'est Elisabeth Guigou qui crée l'émoi au Sénat avec son projet de loi sur la nationalité. Alors que Lionel Jospin avait promis l'abrogation des lois Pasqua-Debré durant la campagne de 1997, la loi Guigou va plus ou moins les "aménager". Concernant la nationalité, un pas est accompli: un enfant né sur le sol français peut devenir français.
