19 avril 2009
Martine Aubry : "Aucune réponse à la crise sociale "
24 mars 2009 Lors d'une conférence de presse, Martine Aubry a réagi au discours de Nicolas Sarkozy à Saint-Quentin qui devait répondre à la crise sociale de notre pays. "Nous attendions, comme tous les Français, des réponses, a déclaré la Première secrétaire du PS. Nicolas Sarkozy s'est exprimé comme le président d'un parti et non comme le président de la République". Martine Aubry a poursuivi en dénonçant l'action du gouvernement : "L'indignation est toujours là, mais l'inaction aussi. Ce système continue à nous mener dans le mur".
Enfin, améliorer l'école...

Le parti socialiste engage un travail de rénovation de l'école autour de dix chantiers de réflexion. Parce que l'école est un sujet éminemment politique, qui appelle des choix ambitieux et courageux, c'est à l'ensemble des françaises et des français de définir le projet que la gauche portera dans les années à venir. Le blog "Agir pour l'éducation" se veut un outil de dialogue, d'échanges et de réflexion, pour tous ceux qui veulent soutenir et changer l'école.
Redécoupage électoral: "le déséquilibre est manifeste"
14 avril 2009 Martine Aubry a évoqué, le 14 avril, devant la presse, le projet de redécoupage électoral mené par le secrétaire d'Etat aux collectivités territoriales, Alain Marleix. Selon la Première secrétaire du PS, "le redécoupage est rendu nécessaire par l'évolution démographique", mais "sur 33 suppressions prévues, 23 circonscriptions sont de gauche et 10 de droite et sur 33 créations, 9 sont en faveur de la gauche et 24 en faveur de la droite. Cela représente une différence de 28 circonscriptions en faveur de la droite. Le déséquilibre est manifeste."
Hadopiratée par les députés !
Le 9 avril 2009
Coup de théâtre. Jeudi 9 avril, l’Assemblée nationale devait adopter la version définitive du texte anti-piratage ou loi Hadopi. Contre toute attente, les députés l’ont rejeté. Deux députés de la majorité ont voté contre avec l’opposition, pour un résultat final de 15 pour, et 21 contre.
Le président du groupe PS a à l’Assemblée, Jean-Marc Ayrault, a
aussitôt appelé le gouvernement à « renoncer définitivement » au projet
de loi « protection de la création sur Internet », après son rejet par
un vote négatif surprise de l’Assemblée nationale.
« Je demande solennellement, au nom des députés SRC, à ce que le
gouvernement prenne acte de ce vote et renonce définitivement à ce
projet » de loi », a indiqué Jean-Marc Ayrault dans un communiqué.
« Je souhaite qu’il n’utilise pas les mauvaises ficelles de la
procédure parlementaire pour une nouvelle lecture qui s’apparenterait à
un passage en force », a-t-il ajouté.
HADOPI : refusons l’attaque des libertés pour le confort des majors !
Deux ans après la loi DADVSI, le gouvernement veut rajouter une nouvelle corde à son arc du tout répressif : la loi Création et Internet ou aussi appelée HADOPI (Haute Autorité de Diffusion des Œuvres et de Protection des droits sur Internet).
Ce projet de loi instaurerait un nouveau mécanisme, celui de la « riposte graduée ». En clair, les ayants droits pourraient désigner des agents assermentés qui saisiraient la HADOPI de toute infraction constatée, qui pourrait alors prononcer une peine de suspension de l’abonnement Internet allant jusqu’à un an ainsi que le paiement d’une amende.
Ce projet de loi n’a qu’un seul objectif : défendre les intérêts financiers des grands majors du disque qui voient leur modèle économique s’effondrer, et criminaliser les usagers d’internet. Alors que l’opportunité de mettre un place un système économique via une licence globale, qui permettrait de rémunérer directement les artistes et de démocratiser l’accès à toutes les formes de culture, la droite continue d’avoir un temps de retard sur l’usage des nouvelles technologies.
Le Mouvement des Jeunes Socialistes appelle les parlementaires à s’opposer fortement à ce projet de loi et s’associe à l’appel du réseau des pirates (reseaudespirates.org) qui propose un pacte pour les libertés numériques. Et pour dire non à Hadopi, les jeunes socialistes se sont donnés rendez-vous à 18h30 devant l’assemblée pour une action coup de poing.
Nicolas Sarkozy : libéral et sécuritaire
Le chômage explose, notamment chez les plus jeunes, les inégalités augmentent de manière démesurée, 3 millions de personnes ont exprimé la semaine dernière la nécessité d’une réponse forte pour le pouvoir d’achat et sur la question de l’emploi.
En total décalage avec cette situation, Nicolas Sarkozy se contente d’annoncer pour les plus modestes des mesures « exceptionnelles » de moins d’un demi-SMIC maximum, alors qu’avec le bouclier fiscal ce sont des chèques correspondant à 30 années de SMIC (365 000 euros en moyenne à moins de 850 contribuables) qui sont distribués aux plus riches.
Alors que des mesures concrètes sur la rémunération des dirigeants étaient attendues, le Président de la République s’est contenté de suppliques au MEDEF. Nicolas Sarkozy a surtout remis ce soir son costume préféré : celui du ministre de l’intérieur – candidat à l’élection présidentielle, continuant de chasser sur les terres du Front National.
Les français, notamment les jeunes parmi les plus touchés par la crise, attendent d’autres réponses. Alors qu’il faudrait mettre en place une véritable sécurité professionnelle pour protéger les salariés, et une allocation d’autonomie pour les jeunes en formation et en insertion professionnelle, les pistes lancées par Nicolas Sarkozy (notamment son « plan d’urgence » pour les jeunes annoncées pour mi-avril) souffrent déjà du manque de marges de manœuvres financière de l’Etat par la faute de sa politique économique.
Le Mouvement des Jeunes Socialistes appelle les français à envoyer un message ferme au gouvernement, dans la rue le 1er mai, dans les urnes par le vote socialiste le 7 juin prochain.
Le chômage grimpe et le gouvernement s’enfonce !
Après 90 000 en janvier, ce sont près de 80 000 chômeurs de plus qui ont été annoncés pour le mois de février 2009. A ce rythme c’est le cap du million de chômeurs supplémentaires qui sera atteint à la fin de l’année, que Laurent Wauquiez le croie ou non.
Cette nouvelle percée du chômage touche plus particulièrement les jeunes. L’absence totale de politique de l’emploi en direction des premières victimes de la crise a des conséquences ravageuses et le gouvernement fait semblant de découvrir le problème en mettant en place tardivement une "réflexion" sur l’emploi des jeunes.
Entre stigmatisation des chômeurs et mesurettes sous financées comme le RSA, le gouvernement passe systématiquement à coté de la priorité : protéger l’emploi en France et lutter efficacement contre le chômage.
Les pistes avancées sont au mieux inefficaces, au pire dangereuses !
Le « travailler plus pour gagner plus » a montré ses limites et l’exonération des heures supplémentaires avec. Il s’agit d’une mesure coûteuse, sans retour sur investissement pour l’Etat et sans aucun effet positif sur l’emploi.
La promotion de l’emploi des seniors relève de l’hypocrisie quand les entreprises persistent à pousser en priorité vers la sortie les salariés les plus âgés. En effet, cela revient à pousser les retraités à travailler pour compléter une pension insuffisante.
Quant au chômage partiel, il ne fait en réalité que retarder l’échéance des licenciements économiques. Il est donc nécessaire d’offrir des perspectives de formation pour donner à chacun la possibilité de rebondir. De plus, si cela représente une forme de réduction de temps de travail, il ne saurait remplacer un véritable dispositif de partage du travail, seul à même de protéger l’emploi et d’en créer de nouveaux.
Le Mouvement des Jeunes Socialistes considère en effet que la réduction et le réaménagement du temps de travail restent les meilleurs remparts face à une hausse exponentielle du chômage telle qu’elle se dessine aujourd’hui.
Dakar
En défense du discours de Ségolène Royal à Dakar
18 avril 2009 - 12:30
A
tous ceux qui ont mis en cause la légitimité de Ségolène Royal pour
pouvoir s'exprimer sur les principes et sur les valeurs, nous
recommandons la lecture de la tribune d'Edwy Plenel, parue dans
l'hebdomadaire Marianne,
qui souligne, en particulier, qu'en République, tous les citoyens ont
le droit de s'exprimer et notamment ceux dont la parole est écoutée,
sauf à considérer qu'une monarchie aurait remplacé la République
Téléchargez la tribune d'Edwy Plenel en cliquant ici
Ségolène Royal avec les salariés d'Heuliez
Ségolène Royal avec les salariés d'Heuliez
15 avril 2009 - 17:19
Ségolène
Royal demande que la période d’observation de 6 mois soit mise à profit
pour trouver des investisseurs pour industrialiser le premier véhicule
électrique
Ségolène Royal était, mardi 14 avril, à Niort avec les salariés d'Heuliez dans l'attente de la décision du tribunal de commerce
Sarkozy anti-colonialiste ? Réponse à Jean Daniel
19 avril 2009 - 12:12
Triste coïncidence : c’est dans l’édition du Monde datée du 17 avril, jour anniversaire de la mort d’Aimé Césaire, que Jean Daniel tance Ségolène Royal, coupable de n’avoir pas salué à Dakar l’admirable « profession de foi anti-colonialiste » nichée dans le discours qu’y prononça Nicolas Sarkozy en 2007. L’auteur du magistral Discours sur le Colonialisme doit s’en retourner dans sa tombe ! Concédant que, dans la seconde partie de son discours, le Chef de l’Etat s’était « laissé aller à une méditation ethnologique douteuse », Jean Daniel appelle l’étourdie à se repentir de son péché d’omission et à exprimer ses regrets de n’avoir pas souligné « l’audace » inouïe des propos présidentiels sur la colonisation.
J’ai infiniment de respect pour les engagements au long cours du fondateur du Nouvel Observateur mais j’avoue ma perplexité devant cette étrange distribution de bons et mauvais points.
Passons sur le fait que Ségolène Royal ne s’est pas rendue au Sénégal pour y faire l’exégèse d’un calamiteux discours présidentiel dont elle a, en plusieurs occasions, dénoncé le culturalisme daté et l’essentialisme insultant, produits d’une troublante méconnaissance de l’histoire africaine avant, pendant et après la colonisation. Elle a, à Dakar, développé sa propre vision de relations nouvelles avec l’Afrique du 21ème siècle. Elle n’a pas, cher Jean Daniel, opposé le pays réel au pays légal (ces catégories maurrassiennes ne sont pas les siennes) mais distingué deux visions de l’histoire de France, deux manières de regarder l’Afrique, deux politiques pour aujourd’hui et pour demain. C’est pourquoi elle a, sans édulcoration ni dolorisme, posé les mots justes sur ce qui fut car nul avenir commun ne se construira sur l’éternel retour de l’impensé colonial.
Elle n’a pas, à Dakar, « accablé » la France mais relevé son honneur abaissé par un Chef de l’Etat prisonnier d’un imaginaire où tout recommence toujours : les mêmes mythes euphémisateurs et les mêmes fantasmes ethnocentrés. C’est pourquoi elle a eu raison de dire : « c’est parce que j’aime la France, parce que je la crois suffisamment forte et généreuse que je la veux capable de regarder son histoire en face ». Telle est, en effet, la condition d’une réconciliation non seulement du Sud avec le Nord mais aussi de la France avec elle-même.
Le motif central des remontrances, certes amicales, adressées par
Jean Daniel à Ségolène Royal est le suivant : le discours dakarois de
Nicolas Sarkozy serait composé de deux parties antagoniques, l’une,
irréprochable, relative à la colonisation et l’autre, très contestable,
relative à l’Afrique. C’est cette incohérence qu’elle aurait dû pointer
au lieu de disqualifier l’ensemble des propos présidentiels. Hélas,
cher Jean Daniel, je n’ai nulle part trouvé dans le texte sarkozyen la
réjouissante coupure épistémologique que vous avez cru y déceler. Tout,
au contraire, s’y tient et s’y soutient pour aboutir à ce déni
d’histoire et de réalité qui ne fut pas seulement une insulte faire à
l’Afrique mais aussi une bien mauvaise manière à l’égard de la France.
Je
ne suis, je l’avoue, pas tombée en pâmoison au seul motif que le
Président de la République énonçait des vérités d’évidence sur « les
fautes et les crimes » de la colonisation et qualifiait, comme l’y
oblige depuis 2001 une loi de la République, la traite et l’esclavage
de « crime contre l’humanité ». Dès les premiers paragraphes, Nicolas
Sarkozy glisse que le tort des Européens fut de « désenchanter
l’Afrique » et d’avoir voulu « façonner à leur image » ces colonisés
dont ils ont « abîmé l’imaginaire merveilleux ». Certes, la brutalité
et le pillage ne sont pas tus mais voilà, dès le début, installée
l’opposition éculée entre tradition et modernité. Et précocement
exprimé ce qui sera plus loin complaisamment développé sur l’Afrique
an-historique des mystères et de la magie. Quant à laisser entendre
qu’on eut, en colonisant, surtout le tort de vouloir fabriquer du même
avec de l’autre, c’est omettre que, du Code de l’Indigénat au travail
forcé en passant par les mille déclinaisons de la ségrégation raciale,
sociale, scolaire, civique, tout concourut à institutionnaliser le
refus d’égalité. Approche réductionniste de l’Afrique et évocation
réductionniste de la colonisation forment, hélas, un tout cohérent.
Il faut rendre à Nicolas Sarkozy cette justice : sa lecture
révisionniste de l’entreprise coloniale, nonobstant quelques
amodiations de circonstance, ne date pas d’aujourd’hui. De la loi
scélérate sur « les aspects positifs de la présence française » aux
propos dakarois en passant par de nombreux discours de campagne, on
retrouve toujours cette manière récurrente de faire la part faussement
équitable entre les bienfaits et les méfaits de la colonisation, les
« hommes de bonne volonté » et les « hommes mauvais », les pillages,
les spoliations et les terres cultivées, les routes, les hôpitaux, les
écoles … Il y a un demi-siècle, Aimé Césaire avait déjà répondu à tout
ça.
Car le problème, comme l’a rappelé Ségolène Royal à Dakar, ce
n’est pas qu’il y ait eu de braves et de méchantes gens, c’est que la
colonisation fut un système et une relation structurellement
asymétrique. Là où le discours sarkozyen ruse – un pas en avant, un pas
en arrière, des vilénies indéniables mais aussi de bien belles choses
et de si jolis sentiments – Ségolène Royal tranche sans rien
méconnaître de la complexité des situations vécues. Là gît le désaccord
majeur. Car il ne suffit pas d’émailler son propos de quelques mots
crus pour en être quitte avec l’histoire. Il ne suffit pas de la
« condamnation du cynisme et de la barbarie » pour mériter ce brevet de
rupture anti-colonialiste que Jean Daniel décerne bien légèrement à
Nicolas Sarkozy. Encore faut-il prendre la vraie mesure du rapport de
domination et de son ombre portée sur le temps présent. C’est parce
qu’elle le fait que Ségolène Royal peut rendre hommage à ces
consciences qui comme la vôtre, cher Jean Daniel, s’insurgèrent et à
ceux qui s’engagèrent aux côtés des militants indépendantistes car
« ils défendaient nos valeurs alors que la colonisation en était la
négation ».
Alors non, je n’aperçois dans aucune partie du discours
sarkozyen l’audacieuse veine anti-colonialiste que Jean Daniel y
vante : tout cela est rebattu et usé jusqu’à la corde. Quel dommage,
cher Jean Daniel, que l’ami de Senghor que vous fûtes ne se soit pas
élevé contre celui qui, à Dakar, donna de la conception senghorienne du
métissage une version qualifiée par Makhily Gassama d’injurieuse car
elle laisse entendre que « l’homme africain » devrait se frotter au
blanc et assumer « sa part européenne » pour accéder à la raison, au
progrès et à l’accomplissement humain.
Il y a tout juste un an, Aimé
Césaire nous quittait. Son œuvre incandescente offre toutes les clefs
pour comprendre « la chosification » coloniale, l’ensauvagement du
colonisateur et la duplicité de ceux qui s’évertuent à manier
« l’oublioir ». En 2005, Ségolène Royal avait recommandé à Nicolas
Sarkozy la lecture du Discours sur le Colonialisme. Il n’y a
malheureusement pas puisé son inspiration. A moins qu’il ne l’ait lu
comme celui dont Césaire brossait l’ironique portrait : « son cerveau
fonctionne à la manière de certains appareils digestifs de type
élémentaire. Il filtre. Et le filtre ne laisse passer que ce qui peut
alimenter la couenne de la bonne conscience (…). D’un battement
d’oreilles, il chasse l’idée. L’idée, la mouche importune ». Le
discours de la bonne conscience intègre désormais ce qu’il n’est plus
possible de nier. Mais il reste indécrottable, continuant de projeter
ses hantises sur ce qu’il ne comprend pas et d’offrir son renfort au
cynisme d’Etat. J’aurais aimé, cher Jean Daniel, que votre perspicacité
s’en avisât.
Sophie Bouchet-Petersen