28 avril 2008
La loi de modernisation de l'économie "n'apportera rien sur la baisse des prix"
Alors que la loi de modernisation de l'économie (LME) présentée, lundi 28 avril, par la ministre de l'économie, Christine Lagarde, ambitionne de "relancer la croissance", certaines associations, comme l'UFC-Que Choisir et l'Association nationale des industries alimentaires (ANIA), ont fait part de leur déception, soulignant que la nouvelle loi n'apporte que peu de nouveautés par rapport à la loi Chatel, votée en décembre 2007.
"Les consommateurs sont une nouvelle fois les grands perdants des arbitrages ministériels. La déception est à la hauteur de l'attente : immense !" estime ainsi l'UFC-Que Choisir, qui estime que "le texte omet totalement de renforcer les droits des consommateurs".
"Le gouvernement se contente d'un quasi statu quo" sur le volet de la concurrence entre hypermarchés, écrit notamment l'association de défense des consommateurs. "Aucun verrou à la création de nouvelles surfaces concurrentes, quand elles sont nécessaires, n'est supprimé", souligne-t-elle. Pour l'association, la décision de relever le seuil de déclenchement de la procédure d'autorisation pour une implantation commerciale prévue par le loi Raffarin et la création d'une autorité nationale de la concurrence ne sont pas suffisantes.
"LA PRESSION AMICALE DES DISTRIBUTEURS"
Alors que selon le secrétaire d'Etat à l'industrie, Luc Chatel, cette réforme, dont le coût est estimé à 300 millions d'euros, pourrait avoir un impact sur les prix à la consommation de 1,6 % au bout de trois ans, Jean-René Buisson, président de l'ANIA, a, au contraire, promis que la LME "n'apportera rien sur la baisse des prix par rapport à ce que donne la loi Chatel. C'est véritablement une aberration de dire que cela va avoir un effet sur la baisse des prix".
Pointant du doigt "la pression amicale d'un certain nombre de distributeurs et sans doute de Michel-Edouard Leclerc", dans la conception de cette loi, M. Buisson explique que l'on "peut baisser les prix sans cette loi".
"Aujourd'hui, si les distributeurs veulent baisser leur prix, ils peuvent le faire à tout moment grâce à la loi Chatel", assure-t-il, prédisant que la "pression supplémentaire" sur les marges des fournisseurs alimentaires "va augmenter les faillites". "Nous pensons que des milliers d'emplois peuvent disparaître avec un dispositif de ce type -à".
Pour le Parti socialiste, "on est en train d'amuser les Français en laissant croire qu'une loi sur la concurrence permettrait de faire baisser les prix de 2 % ou 3 %" alors qu'"on s'aperçoit que la loi Chatel n'a eu aucun impact", a réagi Stéphane Le Foll. "Avant de parler de nouvelles mesures, il faudrait savoir où on en est d'une loi votée il y a à peine six mois et qui devait avoir des effets sur les prix", a-t-il constaté.
à boulets rouges...
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[23/04/08]
Ségolène Royal accuse Nicolas Sarkozy d'avoir raté sa première année |
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Nicolas Sarkozy a "raté" la première année de son mandat, a estimé
mardi Ségolène Royal à quelques jours du premier anniversaire de sa
défaite à l'élection présidentielle. "Plus de deux Français sur trois estiment que cette première année est une année ratée. Notre pays ne peut pas se permettre de rater une année de sa vie. La situation est très grave, et c'est de la faute de Nicolas Sarkozy", a également déclaré Ségolène Fabien lors d'un point presse dans ses bureaux parisiens. M. Sarkozy "avait en main tout le potentiel pour réussir à faire avancer la France. Il avait promis un choc de croissance, une rupture, un recul de la précarité, et on a tout le contraire", a dénoncé Ségolène Royal Le chef de l'Etat "a gâché cette première année à cause d'une conception du pouvoir ultra-centralisée, ultra-personnalisée, une forme d'exhibition permanente et très artificielle". Nicolas Sarkozy a aussi "gâché les chances de la France" du fait de "premières décisions très injustes". "Le paquet fiscal, les cadeaux fiscaux aux riches ont mis les Français en colère", a dénoncé Ségolène Royal. Interrogée sur ses attentes avant l'intervention télévisée jeudi soir de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal a dit "attendre qu'il reconnaisse ses erreurs" sur le paquet fiscal. "Il faut récupérer ces 15 milliards dépensés qui ne vont servir à rien, et avec cette somme doubler la Prime pour l'emploi (PPE), aider les PME à innover, baisser la TVA", a-t-elle expliqué. La présidente de la région Poitou-Charentes a estimé que le bilan de la première année de présidence Sarkozy montrait que sa méthode de démocratie participative était adaptée. "Si les Français avaient été écoutés, consultés sur ce qui les attendait, ce ne sont pas les décisions que Nicolas Sarkozy a prises qui auraient été prises", a-t-elle jugé. Ségolène Royal a présenté un rapport d'étape de la "consultation participative" lancée le 4 avril dernier pour préparer sa contribution au congrès du PS qui se tiendra du 7 au 9 novembre. Les militants socialistes ont déposé 735 contributions sur son site http://www.congresutileetserein.com |
Je le répète une autre politique est possible !
| Ségolène Royal réagit à l'intervention de Nicolas Sarkozy sur France Inter. |
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| Nicolas Demorand Il est 8 heures 20, l’invitée de France Inter est ce matin la socialiste Ségolène ROYAL, présidente de la région Poitou-Charentes, bonjour et bienvenue ! Ségolène Royal Bonjour ! « 90 minutes pour convaincre », le président de la République s’est exprimé hier soir à la télévision, l’enjeu c’était notamment de remettre de la lisibilité dans l’action, avez-vous été convaincue Ségolène ROYAL ? Ecoutez, je crois que les Français sont inquiets aujourd’hui, la question est de savoir s’ils sont rassurés après cette émission ? Force est de constater que non. On est même plus inquiet après l’émission qu’avant. On a le sentiment de ne pas avoir eu un président de la République hier, mais un candidat perpétuel. Alors il a dit à cinq reprises, j’ai ma part de responsabilité, on sent d’ailleurs un peu la formule de communication, en clair, cela veut dire ; je me suis trompé. Mais il s’est trompé sur quoi ? Il ne nous l’a pas dit et quelles conséquences il en tire pour rectifier sa politique ? On ne le sait pas. Il a fait aussi beaucoup d’approximation, d’improvisation, Bernard GUETTA vient d’ailleurs de le dire, en politique étrangère. Il a dit des contrevérités sur la question des retraites. Il nous a dit qu’il allait financer le RSA par la suppression de la prime pour l’emploi, c'est-à-dire 4 millions de salariés modestes vont voir leur pouvoir d’achat baisser. Il n’a pas répondu sur les préoccupations concrètes des français. C'est-à-dire, rien sur le pouvoir d’achat, il a dit des aberrations sur l’éducation, il a par exemple dit, 15 % des élèves sont fichus à l’issue de l’école primaire. Je crois qu’un président de la République ne peut pas s’exprimer de cette façon là. Il a donné une image de la France en situation d’échec, en particulier sur l’Education nationale. Il a osé dire que c’était l’échec global de l’Education nationale, ce n’est pas vrai ! Enfin je crois que le Premier ministre avait dit qu’il attendait de cette émission une feuille de route – compte tenu de tout ce que je viens de dire et il y aurait encore beaucoup de choses à souligner sur les approximations, les contrevérités. Le sentiment que parfois, il ne maîtrisait plus les choses, je crois que le Premier ministre a eu surtout une feuille de déroute. Donc pour vous, Ségolène ROYAL, le bilan de cette première année de présidence SARKOZY c’est un échec sur toute la ligne à vous entendre ? Oui, c’est un échec grave, d’ailleurs les Français le savent, nous le sentons, la France est tirée vers le bas. Mais ce que je voudrais dire aux Français qui nous écoutent, c’est qu’une autre politique est possible. Il est possible et urgent de faire autrement. Parce qu’autrement, si à l’issue de cette année, que d’ailleurs Nicolas SARKOZY, de façon assez malhonnête attribue à des chocs extérieurs, il a identifié quatre chocs, en particulier la hausse du coût de l’énergie. On ne peut pas le nier ! On ne peut pas le nier, mais tous les pays sont confrontés à la hausse du coût de l’énergie. Or l’Allemagne par exemple est en excédent commercial, on pourrait prendre plein d’autres exemples dans lesquels les pays prennent à bras le corps leur talent, leur potentialité, la France en a beaucoup. Je reviens d’Inde et je puis vous dire que nous n’avons aucun complexe à faire par rapport aux centres de recherches indiens et qu’au contraire, la France devrait aider les petites et moyennes entreprises innovantes à nouer des partenariats avec les grands pays émergents, donc il y a du potentiel. Il dit, faisons le bilan dans cinq ans, au terme de mon quinquennat, on ne peut pas réformer un pays, qui sur des dossiers importants n’a pas bougé depuis plus de trente ans en un an. La France a besoin de réformes, mais où sont-elles aujourd’hui, qu’est-ce que c’est qu’une réforme ? Une réforme c’est prendre des décisions pour que cela aille mieux, pas pour que cela n’aille plus mal. Une réforme c’est faire des choses avec les gens et pas contre eux. Or c’est ce qui est aujourd’hui en train de se passer, c’est de la brutalité, c’est beaucoup d’arrogance, contrairement à ce qui a été dit. Moi j’ai vu un Nicolas SARKOZY parfois méprisant à l’égard des Français, je viens de le souligner sur l’éducation. Il a dit des monstruosités sur la laïcité, une fois de plus, en confirmant que les clercs et les prêtres donnaient du sens à la vie et pas les enseignants – mais dans une société ce sont tous les adultes qui donnent du sens à la vie aux plus jeunes. Il a dit aussi des choses aberrantes sur la Chine, il a osé dire, pour se justifier qu’il se couche devant la Chine, disons les choses très clairement, il a osé dire que la Chine aidait le Darfour. Mais comment est-ce que la France qui est au Conseil de sécurité, est-ce que ce n’est pas inquiétant qu’un président de la République et membre permanent du Conseil de Sécurité ignore à ce point que chaque fois qu’il y a eu des résolutions contre le Soudan, la Chine a voté contre. Et donc, même sur la politique étrangère il ne nous a pas rassurés, au contraire c’est extrêmement inquiétant. Il y a quelques mois, Ségolène ROYAL, vous reconnaissiez à Nicolas SARKOZY l’énergie dont il faisait preuve pour occuper la fonction présidentielle. Plus rien ne trouve grâce à vos yeux, donc, après douze mois de gouvernement et de présidence ? Mais je crois qu’il est en train de payer et la France avec et c’est ça qui est grave, c’est pour ça, je crois qu’il faut que, à la fois l’opposition et les Français continuent à faire pression sur le gouvernement pour que la politique change et qu’il y ait de vraies réformes. Il est en train de payer la masse des mensonges qu’il a proférés pendant la campagne présidentielle. J’ai là sous les yeux un certain nombre de promesses. Souvenez-vous, plus 25 % immédiatement de l’augmentation des retraites. Travailler plus pour gagner plus, je propose la propriété pour tous, la crise du logement n’a jamais été aussi grave qu’aujourd’hui. L’allocation adulte handicapée, plus 25 %, on attend toujours. Le remboursement des soins d’optiques, Il vous dit, rendez-vous dans cinq ans ! Attendez, le remboursement des soins d’optique, il avait dit exactement : les remboursements pour lunettes et le prothèses dentaires, on ne peut pas dire que c’est du confort. Le 5 février 2007, il avait dit : « on ne peut pas se trimballer avec une dent qui manque et c’est pareil pour les lunettes, ce n’est pas une question de mode, c’est une question de nécessité et je vais porter les remboursements à 50 % » et là le gouvernement est en train de faire le contraire, c'est-à-dire de diminuer les remboursements. Donc je crois que la situation est grave et hier, finalement, on a eu quelqu’un qui était satisfait de lui. Il a même osé dire, que cela allait mieux pour les Français, mais autour de nous, on ne voit que des Français qui disent que cela va plus mal. Moi je vais vous dire, qu’est-ce que c’est que gouverner ? Gouverner d’abord, c’est prévoir, c’est donner du sens aux choses. Hier on n’a eu aucun sens donné à la politique globale. Gouverner, c’est ensuite dire la vérité, il y a eu beaucoup de contrevérités qui ont été dites hier. Et enfin gouverner, c’est rectifier son action lorsque l’on fait des erreurs. Il a reconnu ses erreurs, c’est un truc de communication, si ce n’était pas un truc de communication, Mais pourquoi est-ce un truc de communication Ségolène ROYAL ?...Vous, vous ne reconnaissez jamais vos erreurs ? Si, je reconnais des erreurs, mais j’en tire les conséquences, c’est à dire que je rectifie les choses, je réajuste ce que je dis ou ce que je fais. Donc ce qu’on attend quand on reconnaît des erreurs, ce n’est pas seulement une opération de communication pour que ce matin les gens puissent dire : ah, eh bien il a reconnu ses erreurs, il est plus modeste qu’avant. Non, c’est d’aller jusqu’au bout de cette logique et c’est de reconnaître effectivement que dans le fameux paquet fiscal, au lieu de le diminuer… Ecoutez, moi j’ai proposé que le paquet fiscal avec les 15 milliards, on double la prime pour l’emploi pour les 8 millions de salariés – lui, il vient de dire le contraire, on va supprimer la prime pour l’emploi pour 4 millions de salariés, c’est quand même très grave. Pour financer le Revenu de solidarité active. Il fait de la redistribution entre les précaires et entre les gens modestes, au lieu de reprendre aux plus riches pour donner aux plus pauvres, c’est ça que les gens attendent. Vous savez je l’ai entendu, il a défendu le bouclier fiscal, mais qu’est-ce que c’est que le bouclier fiscal ? Il y a même une personne qui a reçu un chèque de ristourne de 7 millions et demi d’euros, il y a eu 350 millions d’euros rendus à 15 000 contribuables, les plus riches. Donc, il faut arrêter ça, il faut cesser de redonner, cette année en 2008, 15 milliards au plus favorisés et encore en 2009, 15 milliards au plus favorisés. Parce qu’il faut que les Français comprennent bien que ces fameux cadeaux fiscaux, c’est tous les ans. Donc, il faut récupérer ces moyens là, pour les remettre là où c’est nécessaire, c'est-à-dire sur le pouvoir d’achat des salariés et sur l’innovation dans les entreprises. Je le répète une autre politique est possible ! Etes-vous candidate au poste de première secrétaire du Parti socialiste Ségolène ROYAL, c’est le ton qui est le vôtre ce matin ? Vous savez, je pense qu’honnêtement, compte tenu des difficultés aujourd’hui que connaissent les Français et cela dans tout le pays, parce qu’il y a quelque chose de profond qui est en train de se déliter et en particulier la question des services publics. Vous savez, moi je préside une région d’1.600.000 habitants, qui est une région moyenne, donc représentative, donc, parlons concret quand même. Parce qu’il m’a semblé aussi que Nicolas SARKOZY était très éloigné des préoccupations.. Je vous pose concrètement la question, puisque, vous avez que l’intervention de hier soir et que la politique qui était menée impliquait de nouveaux devoir pour l’opposition, est-ce que vous êtes prête à assumer cette part là de responsabilité, que vous définissez vous-même pour l’opposition ? Vous savez, le premier devoir de l’opposition, des élus d’opposition qui sont sur le territoire c’est d’essayer d’amortir les chocs d’une mauvaise politique, aujourd’hui et de quelque chose qui détruit des solidarités profondes. Vous savez dans la région que je préside, juste… cela va être très rapide ! Ecoutez-moi, il y a la suppression de neuf tribunaux d’instance et de deux tribunaux de commerce. Il y a la suppression de onze plateaux de chirurgie dans les hôpitaux, des villes petites et moyennes. Il y a quarante écoles qui vont fermer en milieu rural et écoutez-moi, il y a soixante quatorze suppressions de formation professionnelle pour les lycéens. Aujourd’hui les lycéens bloquent les lycées, pourquoi ? Parce qu’ils veulent travailler, il y a la suppression du Brevet d’enseignement professionnel, ce qui est grave pour les entreprises et ce qui est grave pour les jeunes. Eh bien moi, je dis qu’il est possible de faire autrement et la responsabilité de l’opposition aujourd’hui et même des français, vraiment, c’est d’exiger autre chose. C'est-à-dire qu’on cesse de casser ce qui fonctionne bien dans le pays, qu’on réforme l’Etat pour déployer les énergies qui sont sur le territoire et il y en a. Qu’on donne du potentiel aux Français qui veulent aller de l’avant et aux entreprises qui veulent aller de l’avant. Et je pense que comme ça, la France pourrait remonter la pente. Dernière question, je vous la repose très rapide Ségolène ROYAL, votre responsabilité à vous, au sein de l’opposition, n’est-ce pas de dire aujourd’hui, oui je suis candidate à ce poste là, de première secrétaire pour faire marcher l’opposition comme j’estime qu’elle doit marcher aujourd’hui face à la politique de ce gouvernement et de ce président ? Ecoutez, je pense qu’il ne faut pas réduire la politique à des candidatures, à des postes, parce que cela serait totalement décalé avec ce que la France connaît aujourd’hui. J’ai été candidate à l’élection présidentielle et donc je sais, pour avoir parlé aux Français, avoir convaincu 17 millions de Français qu’il y a une autre vision de la France, qu’il y a d’autres valeurs à mettre en mouvement – qu’il y a un potentiel formidable qui est aujourd’hui freiné et cassé par des réformes injustes et inefficaces. Et je le dis, le plus clairement, le plus fermement possible, parce que ma responsabilité c’est d’entretenir l’espérance aussi. C’est de dire aux Français que ce n’est pas possible de continuer comme ça pendant quatre ans. Et donc on va tout faire pour que de vraies réformes arrivent pour amortir les chocs sur les territoires que nous dirigeons, que nous gouvernons, Ma question est simple Ségolène ROYAL, pourquoi vous ne voulez pas y répondre, oui ou non ? Parce que je pense que ce n’est pas le moment et que c’est décalé par rapport au temps. Mais il ne vous a pas échappé, Nicolas DEMORAND, que j’assume mes responsabilités de leader politique, celles que j’ai eues et donc celles qui me donnent en effet des devoirs par rapport à ce qui se passe aujourd’hui. Et c’est vrai que pour préparer une alternance dans quatre ans, parce que cela passe vite, il faut s’y prendre tôt, parce que c’est un travail important. Parce que la France dans quatre ans, ne sera plus la même que celle qu’elle est aujourd’hui. Et pour cette échéance là, ce n’est un secret pour personne que je m’y prépare, bien évidemment. |
Enfin quelqu'un qui s'oppose!
Je suis une opposante, parce que je fais des propositions constructives par rapport à ce qu'il serait possible de faire. |
| Ségolène Royal répond aux questions des auditeurs de France Inter |
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| NICOLAS DEMORAND Bienvenue dans Interactive, l’invitée de France Inter ce matin est Ségolène ROYAL, la présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes. « Une feuille de déroute », c’est ce que vous avez dit, il y a quelques minutes au micro de France Inter, Ségolène ROYAL. Là, où le Premier ministre attendait une feuille de route, il a eu une feuille de déroute. Vous avez dit que vous étiez plus inquiète après l’émission qu’avant. Approximation, improvisation, contrevérité, aberration, une autre politique est possible et c’est urgent. Gouverner c’est prévoir avez-vous dit et donner du sens. Nicolas SARKOZY a reconnu ses erreurs, mais c’est d’après vous, la communication. S’il y a erreur, il faudrait infléchir la politique gouvernementale, or aucune inflexion n’a été annoncée. Alors il y a beaucoup de choses dans ce que vous avez dit à 8H20, on va revenir sur deux ou trois détails importants avec Patrick COHEN et les auditeurs de France Inter, Patrick ! PATRICK COHEN Oui, Ségolène ROYAL, contre l’image de sincérité, de franchise, de bonne volonté qu’a voulu donner Nicolas SARKOZY, vous dites, non seulement il s’est trompé, il reconnaît certes des erreurs, mais il ne veut pas en tirer les conséquences – mais vous dites en plus : Nicolas SARKOZY dit des mensonges, des contrevérités, Nicolas vient de le rappeler. Je voudrais que l’on prenne un exemple, que vous avez cité tout à l’heure, celui des retraites. Quelles sont les contrevérités que vous avez perçus dans le propos de Nicolas SARKOZY concernant le dossier des retraites ? SEGOLENE ROYAL Ecoutez, François CHEREQUE a réagi, d’ailleurs très rapidement sur cette question là, qu’a-t-il dit ? Il a dit que lorsque Nicolas SARKOZY avait maintenu l’idée que désormais pour accéder à taux plein à sa retraite il faudrait travailler plus longtemps, il dit une contrevérité, une approximation pourquoi ? Parce que, ce qu’il cache, c’est qu’avec une réforme comme celle-ci, c’est le niveau des retraites qui va baisser, dans la mesure où, des millions de salariés n’ont déjà pas la durée complète de cotisations qu’il faut aujourd’hui pour accéder à une retraite à taux plein. Donc cela veut dire deux choses, cela veut dire, que soit, il ne connaît pas ses dossiers, soit il ment par omission, parce qu’il sait qu’une réforme comme celle-ci va baisser le niveau des retraites. Or, il y a déjà une retraite sur deux qui est à peine supérieure au SMIC. Précisément, vous pensez qu’il faut renoncer au passage aux 41 ans de cotisations prévu dans la loi de 2003 ? On ne peut pas passer aux 41 ans de cotisations si on n’a pas résolu le problème du chômage des seniors, premièrement et deuxièmement si on n’a pas résolu la question de l’intégration à la prise en compte de cette durée de cotisation, de la pénibilité des métiers. Nicolas SARKOZY dit qu’il s’attaque à ces problèmes de seniors… Il le dit, mais il ne le fait pas, c’est ça le problème. Contrevérité encore sur d’autres dossiers, on ne vous a pas entendu parler tout à l’heure de l’immigration, il y a eu une grande part de l’interview présidentielle hier soir consacrée à la situation des sans papiers, discours de fermeté, pas de régularisation globale et dénonciation de l’hypocrisie des patrons, qui, a t-il dit, feignent de découvrir que leurs salariés étaient sans papiers, qu’en avez-vous pensé ? Ecoutez, je pense que ce qui nous a frappés, c’est qu’il est resté très longtemps sur ce sujet, je crois que ce n’est pas un hasard, c’est son terrain de chasse privilégié, si j’ose dire. Et il l’a fait, là aussi de façon inquiétante, qui, curieusement n’a pas été relevé par ses interlocuteurs journalistes. Il a confondu en permanence, l’accès à la régularisation et l’accès à la nationalité française. Alors de deux choses l’une, soit il ne maîtrise plus ses dossiers et en effet il perd la main, y compris sur la maîtrise des politiques, quand même qui sont cruciales pour notre pays – soit c’est volontaire, c'est-à-dire qu’il a fait un amalgame pour là aussi « rapter » un certain électorat et à ce moment là, c’est irresponsable. NICOLAS DEMORAND Il faut une régularisation collective sur cette affaire très précise de travailleurs sans papiers ? Je ne le pense pas, je pense que toutes les régularisations collectives ne sont pas… ne relèvent pas d’une bonne politique qui maîtrise les choses. En revanche, il faut sortir de l’hypocrisie, puisque, il y a là beaucoup d’hypocrisie. Certains travailleurs sans papiers sont passés par l’ANPE pour accéder à l’emploi et donc faire, comme l’a fait hier Nicolas SARKOZY, qui je le dis au passage, est responsable de la politique de l’immigration depuis 2002. Donc, qui aurait pu là aussi constater que cette politique est un échec. Il faut sortir de l’hypocrisie, puisqu’un certain nombre d’employeurs ont le courage de dire : nous employons des travailleurs clandestins, mais nous sommes prêts à régulariser les choses. Ce que je pense, c’est qu’il faut mettre les offres d’emploi sur le marché du travail, pour qu’il y ait d’abord, en effet des travailleurs étrangers en situation régulière ou des Français qui aient accès en priorité aux postes qui se libèrent. Et ensuite, là, conformément à ce que dit la loi, là, où il y a des métiers sous tension et là où la France a besoin de travailleurs étrangers – il faut reconnaître leur dignité, parce qu’ils paient des impôts, ils paient des cotisations et en plus, il sont menacés dans leur sécurité et dans leur dignité et c’est cela qui n’est pas acceptable. NICOLAS DEMORAND Laurent nous appelle de l’Ain, bonjour Laurent, soyez le bienvenu sur France Inter. LAURENT Bonjour Ségolène ROYAL, bonjour Nicolas Demorand, j’avais une question à poser, concernant le pouvoir d’achat, justement. Si vous aviez été élue l’année dernière, quelle mesure auriez vous pris, la mesure phare que vous auriez pu prendre pour améliorer le pouvoir d’achat – et quel à votre avis en aurait été le résultat à cette période, un an après ? NICOLAS DEMORAND Ségolène ROYAL, vous répond Laurent. J’aurais fait plusieurs choses. D’abord, puisqu’il y avait une marge de manœuvre de 15 milliards, que Nicolas SARKOZY, on l’a dit, je n’y reviens pas, à donner en cadeaux fiscaux aux plus riches. J’aurais utilisé cette marge de manœuvre pour baisser la TVA, premièrement. Deuxièmement pour doubler la prime pour l’emploi, ce qui aurait fait du pouvoir d’achat. Troisièmement j’aurais baissé les taxes sur l’essence, puisqu’il y a une partie de la consommation d’essence en taxes et que Nicolas SARKOZY a supprimé le système qui faisait que lorsque le prix du brut augmente, les impôts sur l’essence diminuent, et ça, je pense que j’aurais rétabli ce dispositif. Mais surtout, j’aurais mis en place une politique très volontariste de contrôle, non pas des prix, parce que vous savez que ce n’est pas possible, mais de contrôle des marges. C’est là où il y a un vrai problème, hier Nicolas SARKOZY nous a raconté pour la troisième fois l’histoire de la tranche de jambon, d’ailleurs en exagérant. Alors le président de la République, il n’est pas là pour raconter des histoires de tranche de jambon, mais pour résoudre le problème de la hausse des prix. Il nous a dit, la hausse du prix du jambon, c’est plus 40 %, comme sur tout, il exagère, ce n’est pas plus 40, c’est plus 20 % - ce sont les yaourts qui augmentent de 40 %, mais passons ! Mais la question c’est de savoir comment on répond à ce problème ? NICOLAS DEMORAND Il a dit, réforme des lois GALLAND et RAFFARIN. Alors, pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? En effet, je pense que si les prix alimentaires français sont de 15 % supérieurs aux autres prix de pays européens alimentaires, c’est parce qu’il y a un système de protection de la grande distribution. Il faudrait, premièrement, en effet supprimer cette loi RAFFARIN GALLAND. NICOLAS DEMORAND Donc, vous le rejoignez là-dessus ? Oui, mais lui, il est au pouvoir, cela fait un an que je dis cela, qu’il faut en effet changer la loi dans ce domaine là. PATRICK COHEN La loi de modernisation économique sera présentée lundi en Conseil des ministres. Alors, la loi de modernisation économique, là aussi il y avait une proposition dans cette loi que Nicolas SARKOZY a retirée et qui concernait les actions de groupes des consommateurs. Il l’a fait, sous la pression aussi des patrons de la grande distribution. S’il pense, comme il l’a dit hier que les consommateurs n’ont pas suffisamment de rapport de force par rapport à la question des prix – alors, il faut créer dans la loi de modernisation économique, la possibilité, comme c’est le cas dans d’autres pays, des actions de groupes des consommateurs. Parce qu’ils pourront avoir les moyens de se défendre et de mettre en cause des marges qui sont inadmissibles. NICOLAS DEMORAND Yves nous appelle des Côtes d’Armor, bonjour et bienvenue sur France Inter. YVES Oui, bonjour à tous, merci de me recevoir dans votre émission, je vous appelle de Trébeurden dans les Côtes d’Armor. Madame ROYAL, depuis l’élection de Nicolas SARKOZY, vous campez dans une dénonciation haineuse de la politique gouvernementale. Nous aimerions que vous vous engagiez dans une opposition constructive, que vous fassiez des propositions. Ainsi, quelles seraient les propositions que vous feriez pour réduire l’abyssal déficit budgétaire, sans toutefois évoquer à la manière d’un cabri qui sautille, le paquet fiscal ? D’abord, je ne me sens pas du tout en situation de haine envers qui que ce soit. Ce n’est pas, ni mon tempérament, ni ma façon d’agir, NICOLAS DEMORAND Ni en situation de cabri, pour reprendre l’expression de Yves. Ni en situation de cabri, mais ce n’est pas parce qu’on dit des choses justes, qu’il ne faut pas les répéter. Pour réduire le déficit, je crois qu’il faut une réforme de l’Etat, il faut diminuer le train de vie de l’Etat, mais pas de façon brutale, en faisant des coupes sombres, comme j’en ai donné un certain nombre d’exemples tout à l’heure – en sapant dans les services publics. Il faut réformer l’Etat en mettant en mouvement les territoires. Moi j’ai proposé une nouvelle étape de la décentralisation. Vous savez les pays qui ont économisé sur les dépenses publiques, sont des pays qui ont donné, justement, à chaque échelon de décision publique et politique leur responsabilité. Et aujourd’hui la France souffre d’une super position des échelons. Il y a la commune, les communautés de commune, les pays, les départements, NICOLAS DEMORAND Il faut en supprimer ? Il faut donner à chacun ses responsabilités pour éviter qu’il y ait tous ces doublons. Et moi ce que j’ai proposé, c’est que l’on donne aux régions, en particulier par exemple, la responsabilité d’un certain nombre de dépenses sur les travaux concernant l’enseignement supérieur – puisque les universités françaises sont dans un état assez catastrophique. C’est un exemple parmi d’autres, on pourrait en prendre plein. Là, où l’Allemagne et l’Italie ont réussi et l’Espagne ont réussi à faire des économies et à rendre l’Etat et la puissance publique beaucoup plus efficace. C’est parce qu’elles ont à la fois, maintenu des solidarités nationales fortes pour garantir une égalité de développement sur l’ensemble du territoire. Et en même temps donner aux décideurs politiques qui sont à l’avant-garde et en première ligne et au contact des gens des responsabilités avec les ressources financières qui vont avec. Je suis convaincue que l’on peut économiser… PATRICK COHEN Cela permet d’économiser des dizaines de milliards d’euros ? Ah oui, je suis convaincue qu’une bonne organisation territoriale avec des institutions qui fonctionnent bien, qui ont leurs responsabilités, qui doivent rendre des comptes et avec une démocratie participative qui permet aux citoyens aussi de mieux contrôler l’argent public, oui, PATRICK COHEN On peut faire des économies sans couper dans les crédits, comme vous dites ? Bien sûr, il faut redéployer, il y a certaines des dépenses qu’il faut supprimer, moi je l’ai fait moi-même en arrivant à la tête de la région. J’ai supprimé, j’ai baissé considérablement le train de vie de la région sur un certain nombre de dépenses inutiles. J’ai supprimé les grosses voitures, les frais de réception, j’ai supprimé des subventions qui n’étaient pas utiles, des effets d’aubaine. Ecoutez, aujourd’hui il y a 64 milliards d’euros d’aides aux entreprises. On estime que la moitié de ces aides sont des effets d’aubaines, c'est-à-dire vont à des entreprises qui n’en ont pas besoin. Donc, voici un paquet budgétaire à redéployer sur les entreprises et notamment sur les PME. C’est sur ce qu’elles reposent, la dynamique de la croissance économique et de la croissance d’emploi. NICOLAS DEMORAND Une question sur le dossier chinois Ségolène ROYAL, est-ce que Bertrand DELANOE a eu raison de faire du Dalaï Lama et d’un dissident chinois, deux citoyens d’honneur de la Ville de Paris ? Oui, bien sûr, vous savez, j’ai rencontré moi-même la sœur du Dalaï Lama, que le Dalaï Lama n’était pas là quand je suis allée en Inde – donc c’est sa sœur qui est venue me voir. Tout ce qui peut être fait en effet pour lutter contre la répression, les assassinats au Tibet doit être fait. Et je l’ai dit tout à l’heure, il est regrettable de voir que Nicolas SARKOZY, s’est couché devant la Chine et je pèse mes mots – alors qu’Angela MERKEL a déjà reçu le Dalaï Lama, a dit, qu’elle ne serait pas à la séance d’ouverture des Jeux Olympiques, Gordon BROWN est en passe de faire la même chose, or, c’est le drapeau français, comme cela a été souligné hier, qui est brûlé à Pékin. Donc moi je dis qu’avec les Chinois, c’est quand on est bien au clair sur ses valeurs, bien ferme et qu’on reste debout qu’on est respecté – et pas quand on s’allonge. NICOLAS DEMORAND Jean-Pierre RAFFARIN qui est en déplacement diplomatique en Chine a parlé d’une faute politique majeure dans cette affaire du citoyen d’honneur, Dalaï Lama par la Ville de Paris Ségolène ROYAL. La faute politique, c’est là, d’aller à Pékin pourquoi, pour recoller quels morceaux ? Enfin c’est un spectacle je pense assez lamentable et en plus qui… On ne peut pas à la fois dire, comme le dit Nicolas SARKOZY hier, qu’il fallait qu’il consulte les autres pays européens, parce qu’au moment des Jeux olympiques, c’est la France qui serait présidente de l’Union et en même temps ne pas tenir compte de la façon dont agissent les autres chefs d’état en Europe, qui tous, condamnent l’attitude actuelle de la Chine. PATRICK COHEN Vous êtes toujours sur l’idée d’une menace, d’un boycottage complet des Jeux Olympiques, comme vous l’avez exprimé une fois, pas seulement de la cérémonie d’ouverture, des JO ? Je suis convaincue que si l’ensemble des pays européens et la France avaient une responsabilité pour prendre une initiative dans cette direction, avaient menacé la Chine d’une non participation aux Jeux Olympiques, je suis convaincue que cela aurait été très efficace. Parce que les Chinois, qui sont un grand peuple et qui méritent le respect, respectent aussi ceux qui se font respecter. Et c’est un leurre de croire que parce qu’on est faible, parce qu’on est mou, parce qu’on est impuissant, qu’on va être respecté par les Chinois, c’est tout le contraire. NICOLAS DEMORAND Serge nous appelle de Toulon, bonjour Serge, bienvenue sur France Inter. SERGE Bonjour… Madame ROYAL, au-delà de votre discours de ce matin qui comporte nombre de remarques pertinentes, je voudrais savoir en quoi vous représentez une véritable opposition à Nicolas SARKOZY – dans la mesure où comme lui, vous avez dénié au peuple français le droit de s’exprimer sur le traité de Lisbonne, qui est une copie conforme du DCE – et dans la mesure où vous avez applaudi à la sortie du rapport ATTALI, qui comme le traité de Lisbonne est un manifeste ultra libéral. D’abord, je n’ai pas applaudi à la sortie du rapport ATTALI, j’ai dit que toutes les propositions méritaient d’être regardées, la France a besoin de réformes. Et ce dont on manque cruellement aujourd’hui, précisément, ce sont des réformes justes, qui nous permettent d’être à la hauteur des défis que le monde pose aujourd’hui. Donc voilà, donc en quoi je suis une opposante ? Eh bien je suis une opposante, parce que justement je fais des propositions constructives par rapport à ce qui serait possible de faire. Et puis aussi… quel est le territoire ? Parce que je crois que c’est devenu très important la façon dont les régions, les départements est les villes peuvent à la fois contrecarrer ce qui se passe mal au niveau national – mais aussi prendre des initiatives. Vous voyez par exemple pour répondre à une question du pouvoir d’achat, je viens de créer le micro crédit dans la région que je préside, c’est une première et je crois que cela permet à beaucoup de familles de ne pas basculer dans l’endettement et le sur endettement. NICOLAS DEMORAND Une dernière question Ségolène ROYAL, vous avez été condamnée pour ne pas avoir versé de salaire à deux de vos anciennes collaboratrices, vous avez souvent parlé d’ordre juste, là c’est un désordre injuste, sanctionné par la justice Non, je n’ai pas été condamnée, contrairement à ce que vous dites, parce que cette décision n’est pas définitive, PATRICK COHEN Elle a été prise en appel ! Oui, mais attendez, vu la façon dont elle est exploitée politique, je puis vous dire que cette décision n’est pas définitive, PATRICK COHEN Elle va être sortie en cassation ? Je le pense oui. Moi, vous savez, j’ai toujours respecté mes salariés et ce que vous oubliez de dire, c’est que l’ensemble des autres salariés, des huit autres assistants parlementaires m’ont soutenue dans cette affaire. J’ai toujours veillé à une bonne utilisation des fonds publics. Les assistants parlementaires, il faut que les auditeurs le sachent sont payés sur fonds publics. Il se trouve qu’il y a une dissolution de l’Assemblée nationale, vous le savez, et donc des contrats se sont interrompus. Qu’il y a eu là, à ce moment là un vide juridique, NICOLAS DEMORAND Mais vous, vous dites, c’est une manipulation politique ? Attendez, oui, c’est un guet-apens judiciaire, c’est que pendant dix ans… NICOLAS DEMORAND Qui est derrière, qui tire les fils ? Vous avez vu qui a réagi, c’est Monsieur RAFFARIN que j’ai battu à la tête de la région, c’est l’UMP. Pendant dix ans ils m’ont pourchassée devant les tribunaux, ils ont refusé tout arrangement amiable, pendant dix ans, parce que leur objectif c’était précisément de voir une décision de justice tomber par rapport à un vide juridique qui existait. Mais cette décision n’est pas définitive, je vous le dis. En revanche, il y a eu des choses beaucoup plus graves qui se sont passées depuis. Si Monsieur RAFFARIN est intéressé par les fraudes et les procédures judiciaires, moi j’aimerais bien que Nicolas SARKOZY s’explique sur la façon qui lui a permis d’aller voter aux élections municipales, alors qu’il n’était pas inscrit sur les listes électorales avant le 31 décembre ? Vous savez, ça c’est un faux en écriture public très grave – il y a beaucoup de jeunes qui n’ont pas pu voter parce qu’ils ont oublié de s’inscrire, NICOLAS DEMORAND Monsieur RAFFARIN ou Monsieur SARKOZY ? Monsieur SARKOZY, donc, il n’a pas démenti cette information donnée par la presse, par un de vos confrères et ça, puisqu’il s’intéresse aux procédures judiciaires, moi j’aimerais bien que le président de la République, qui doit donner l’exemple, du respect de la loi puisse s’expliquer une bonne foi pour toute sur cette affaire extrêmement grave. |
C'est pas faux...
Nicolas Sarkozy a donné une "feuille de déroute" à son gouvernement |
| Ségolène Royal sur France Inter (voir la vidéo) |
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27 avril 2008
Point presse du 24 avril : Julien Dray
Point presse du 24 avril : Julien Dray
Vidéo envoyée par PartiSocialiste
A l'issue de l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, le 24 avril, Julien Dray a vivement réagit lors d'une rencontre avec la presse. Pour le Porte-parole du PS, "l'inquiétude et la colère des Français ne sont pas levées" suite aux déclarations du chef de l'État. Selon le député socialiste, "c'est un président tendu, essayant par l'abondance des chiffres d'éviter d'avoir à constater l'impasse dans laquelle il se trouve, que nous avons vu", avant d'ajouter "qu'au final, il n'a concédé qu'une erreur de communication sur le paquet fiscal : il n'y a ce soir rien pour les 13 millions de retraités, rien pour les 20 millions de salariés, rien pour les 5 millions de fonctionnaires, qui peut rassurer en matière de pouvoir d'achat".
Sarkozy ne sort pas des contradictions de la droite française
Par Jean-Yves Camus | Chercheur en science politique | 25/04/2008 | 12H08
Le discours de Nicolas Sarkozy est celui d'un national-libéralisme qui cherche à concilier l'hyper-volontarisme et la soumission aux règles d'un capitalisme malgré tout assez marqué par l'idée d'un rôle régulateur et protecteur de l'Etat, encore ancré dans le cadre de l'Etat-Nation.
Ce n'est pas, à proprement parler, un discours ultra-libéral. Toutefois, comme d'ailleurs toujours à droite, à l'exception des partisans -minoritaires- de l'ultra-libéralisme, le Président n'arrive pas à assumer la dimension idéologique de ses choix: ceux-ci sont toujours présentés comme découlant de la simple observation du réel, du"bon sens".
C'est aussi un discours qui reste trop flou pour recréer les conditions de la confiance, et trop déconnecté des observations des français sur leur vie quotidienne, pour être crédible.
Sur les rapports avec le FN, le Président inverse les thèmes
Sur la question de l'immigration et de l'identité nationale, le président Sarkozy semble dire que c'est la disparition du FN qui lui permet aujourd'hui de tenir un "langage de vérité".
Il inverse les termes: c'est le durcissement du discours de la droite sur ces questions qui a permis l'assèchement de l'électorat frontiste. Et il en reste encore quelque chose, en particulier lorsqu'il semble confondre demande de régularisation et demande de naturalisation.
Enfin, sur les questions de politique étrangère, l'essentiel a été esquivé: les conditions du rapprochement franco-libyen ( alors qu'aujourd'hui même, Khadafi a déclaré que la situation à Gaza était pire que celle dans les camps de concentration, la question de la nature du régime libyen n'a pas été abordée); l'échec de la médiation au Liban; l'alignement sur l'Otan et les Etats-Unis.
On regrettera également que, décrivant l'Etat palestinien selon ses voeux, il n'ait pas inclus le mot"laïque" dans sa définition, ce qui avait pour effet de relativiser sa condamnation du Hamas.
Quelqu'un peut-il expliquer au Président Sarkozy ce qu'est un titre de séjour?
Par Pascal Riché | Rue89 | 25/04/2008 | 10H17
Nicolas Sarkozy a fait une étrange bourde, jeudi soir: un amalgame entre demande d'un titre de séjour et demande de la nationalité française. Son discours sur l'immigration avait pourtant bien commencé: les immigrés sont des êtres humains, la France est une terre de métissage, etc. Yves Calvi l'interroge sur ces sans-papiers qui travaillent en France depuis longtemps. Ne peut-on pas leur donner un titre de séjour? Réponse du Président:
"Il y a une loi, M. Calvi. (...) On ne devient pas français parce qu'on travaille dans la cuisine d'un restaurant, aussi sympathique soit-il."
Bon, se dit-on, peut-être une simple erreur, un petit court-circuit sous son crâne. Mais il confirme un peu plus tard, à propos des régularisation des 800 sans-papiers qui en demandent, des papiers:
"La loi prévoit un certain nombre de critères pour devenir français. D'abord, il faut le demander. Ensuite, il faut parler français. Enfin, il faut justifier soit d'un contrat de travail, soit d'un minimum de ressources."
Calvi ne relève pas la confusion, mais continue à l'interroger. Le fait d'avoir une fiche de paye pendant plusieurs années ne vaut-elle pas titre de séjour? Le Président, de nouveau, fait l'amalgame:
"Non. Ou alors il faut que le Parlement vote une loi qui consiste à dire que toute personne qui a un contrat de travail en France a vocation à être français. C'est pas la loi. Pour avoir vocation à être français, il faut signer un contrat d'intégration où on s'engage à respecter la loi, à apprendre le français, à avoir un logement. Il suffit pas qu'un des adhérents de M. Daguin donne un contrat, dans les conditions par ailleurs qu'il faut qu'on examine pour devenir français. La nationalité, la citoyenneté, ça obéit à des règles!"
A trois reprises, donc, il a confondu régularisation et naturalisation. Pour le Président, le titre de séjour est équivalent à l'octroi de la nationalité française. Un vieux fantasme souvent exploité par l'extrême droite, cette même extrême droite que Sarkozy se vante d'avoir fait disparaître. "J'essaye de responsabiliser le débat sur l'immigration", déclare-t-il pourtant en conclusion, "de poser un débat civilisé et responsable"...
PS: une autre bourde (mais en est-ce vraiment une?) m'a fait sursauter. L'étrange distinction affective faite entre les Turcs et les Suisses. Selon le Président, on peut organiser un référendum sur l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, mais il serait absurde de le faire si la Suisse était candidate. Pourquoi? Parce que la Suisse est naturellement un pays européen. OK, pourquoi pas. Mais pour conclure son propos, Nicolas Sarkozy déclare: "Ce ne serait pas la même décision de faire entrer nos amis Suisses que la Turquie." Les uns ont le titre d'"amis", pas les autres.
Heures supplémentaires: quand Sarkozy s'arrange avec les chiffres
Par François Doutriaux | Juriste et enseignant chercheur | 25/04/2008 | 11H30
Nicolas Sarkozy, lors de son allocution télévisée du jeudi 24 avril, est longuement revenu sur sa conception du travail. Selon lui, "le problème de la France, c’est qu’on ne travaille pas assez".
Passons rapidement sur le fait que la France se classe dans ce domaine, selon une étude de 2005 de l'Insee, première sur les neufs pays comparés, avec une durée hebdomadaire effective de 36,3 heures par salarié, soit plus que l’Allemagne (33,6), le Royaume-Uni (32,1), les Etats-Unis (33,8) et l’Espagne (33,2).
Passons aussi sur le fait que son taux de productivité par heure travaillée soit le troisième mondial (derrière les Etats-Unis et la Norvège). Et passons enfin sur le fait que le salaire horaire médian brut français occupe le douzième rang (devant l’Espagne, la Grèce et le Portugal) de l’Europe des quinze.
Les 35 heures, "qui ont coûté 20 milliards d’euros", sont le problème, et le dispositif d’exonération des heures supplémentaires mis en place par la loi Tepa, la solution. "Ça marche", selon le chef de l’état: "28% d’heures supplémentaires en plus" au dernier trimestre 2007, soit "un demi-million d’entreprises [qui] donnent des heures supplémentaires à 5 millions de salariés. 5,5 milliards d’euros de pouvoir d’achat ont ainsi été distribués aux français." Quelques précisions s’imposent.
Des chiffres qui ne concernent pas tous les salariés.
Les 28% cités -chiffre issu de l’enquête Activité et conditions d’emploi de la main d’oeuvre 2007(Acemo)-
par Nicolas Sarkozy, concerne 5 millions de salariés. 18% à peine de la
population active. Moins de 8% de la population totale.
Des revenus supplémentaires limités.
D’après cette même enquête, chaque salarié concerné a effectué en
moyenne, au quatrième trimestre 2007, 2,8 heures supplémentaires… par
mois. Le gain mensuel moyen pour un salarié au smic est donc d’environ
30 euros net, dont 12 euros de majoration du fait du dispositif Tepa.
Le gain lié à l’exonération d'impôt sur le revenu est de…1,65 euros.
Au quatrième trimestre 2007, les heures supplémentaires versées dans le secteur marchand représentent un gain global de 2 milliards d’euros de salaire net (2,1% du salaire total distribué). Dont 0,4 milliard (0,52%) de "majoration TEPA".
Pour un coût de 550 millions d’euros de remboursement par l’état aux organismes de sécurité sociale et 100 millions environ de perte fiscale. Soit 0,65 milliard d’euros. 40% de plus que le gain induit par la majoration. Le rendement utile de cette mesure est donc négatif: elle coûte plus cher à l’état qu’elle ne rapporte aux salariés.
Quant aux "5,5 milliards distribués", Nicolas Sarkozy "confond" semble-t-il les sommes versées au titre des heures supplémentaires sur cette période et… les prévisions pour l’année 2008 en termes de coût pour les finances publiques (2,7 milliards d’exonérations salariales, 1,9 milliards côté patronal et 1,2 milliards de perte de recettes fiscales).
L'effet d'aubaine passé sous silence.
Les nombreux effets pervers du dispositif sont bien évidemment passés
sous silence: effet d’aubaine pour les employeurs qui recourraient déjà
aux heures supplémentaires (environ 80% des heures supplémentaires
déclarées), risque important de fraudes des entreprises, substitution
aux augmentations de salaires et surtout impact sur les chiffres du
chômage.
Dans le secteur marchand, l’emploi n’a en effet progressé que de 0,03% sur la dernière période (novembre 2007 à janvier 2008) contre 0,13% pour l’année précédente (novembre 2006 à janvier 2007).
Si la conjoncture économique explique en partie ce phénomène, le recours aux heures supplémentaires permet à l’employeur d’éviter de nouvelles embauches en confiant le surcroît d’activité à des salariés existants. Et donc d’éviter les coûts inhérents aux CDD (prime de précarité) ou tout simplement au recrutement et à la formation de nouveaux employés.
Les heures sup non déclarées faussent la donne.
L’ensemble des statistiques comparatives en matière d’heures
supplémentaires se fonde sur les seules déclarations de l’employeur.
Or, d’après l’inspection du travail, 85% du travail dissimulé constaté
en France ressort d’heures supplémentaires non déclarées (90% des
plaintes).
L’augmentation en volume des heures supplémentaires ressort donc à priori, pour une part essentielle, de la réintégration des volumes masqués dans les déclarations, du fait de l’exonération fiscale dont bénéficie l’employeur au titre de la loi Tepa. Bien qu’il n’existe, curieusement, aucune étude statistique sur le sujet, Gérard Filoche (inspecteur du travail) évoquait le chiffre de 2 à 2,5 milliards d’heures supplémentaires réelles par an.
Rappelons qu’en 1993, le rapport Mattéoli (alors président du Conseil économique et social) faisait état de 1,2 milliards d’heures supplémentaires.
Quinze ans plus tard, la loi Tepa tablait sur un chiffre de 30% inférieur, alors même que la durée légale du travail a diminué, et que la population active a considérablement augmenté. Au regard des premières projections, il semblerait que les heures supplémentaires déclarées en 2008 atteindront 700 millions environ, et non les 900 millions prévus par le texte. Un chiffre encore très éloigné de la réalité.
L’étude Acemo 2007 confirme cette explication totalement passée sous silence: selon elle, une part importante de l’augmentation constatée provient… de la régularisation d’heures supplémentaires auparavant non déclarées par les entreprises.
C’est sur cette même étude que se sont appuyés Christine Lagarde et Nicolas Sarkozy dans leurs récentes déclarations. Ils en ont donc eu une lecture pour le moins sélective…
La loi Tepa aurait de ce fait une seule vertu véritable: inciter l’employeur à déclarer des heures supplémentaires jusque là dissimulées. Le jeu en vaut-il la chandelle ?
Pour l’année 2008, le gouvernement a budgété un coût total de 6 milliards d’euros sur ce seul terrain. Soit 85% des 7 milliards de réduction des dépenses publiques prévues dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, qui vont toucher les fonctionnaires, l’enseignement, le logement social, la santé, les transports, etc.
La politique économique actuelle impressionne par sa cohérence. La communication présidentielle également, par son sens aigu de l’ellipse.
ce qu'il faut retenir...
Les points forts de l'intervention de Nicolas Sarkozy
Economie, social, monde... les citations clé du Président commentées par les journalistes, experts et internautes de Rue89.

Cet article "à trois voix" a été rédigé au fur et à mesure de l'interview du Président. Les déclarations les plus récentes apparaissent en tête du texte.
Stratégie gouvernementale
22h13. Cette soirée a un peu été celle du grand mea culpa public. Nicolas Sarkozy a prononcé une dizaine de fois et sur tous les sujets les phrases "J'ai ma part de responsabilité", "j'ai commis des erreurs", "je n'ai pas tout bien fait". Le Président a reconnu des erreurs et est apparu plus sur la défensive. Briguera-t-il un second mandat? Nicolas Sarkozy trouve que dix ans de présidence, c'est trop: "Imaginer s'en prendre pour encore cinq ans après, c'est pas le sujet."
22h05. Rupture de thématique (conclusion de l'exercice): le thème du couple exécutif. "J'assume, il y a eu des couacs", "j'aurais dû sanctionner": message très fort aux ministres. "C'est moi le patron" et vos sièges sont des strapontins! L'exemple des OGM est utilisé pour témoigner de la nécessaire omniprésence! Puis, "je sais où je vais": la fin du quinquennat. Il annonce que ce sera l'heure du bilan, donc il laisse ouverte l'hypothèse de sa candidature, pour créer les conditions de l'évaluation de sa politique. Il annonce enfin symboliquement, à propos de la médiatisation de sa vie privée, la rupture de sa stratégie de communication. Il conclut en donnant "du temps au temps", presque mitterrandien! (Jean-Philippe Roy)
22h02. "J'essaie de faire mon travail le mieux possible, j'y consacre un temps infini... (silence) Mon rendez-vous c'est la fin de mon quinquennat. Il faudra que je fasse le bilan. J'ai une décision à prendre toutes les dix minutes." PPDA: "Votre vie privée a eu des conséquences? Réponse de l'intéressé: "On en a beaucoup parlé... Sans doute ai-je une part de responsabilité, c'est une bonne raison de ne pas en parler ce soir."
22h00. "Y'a eu des couacs [dans la communication du gouvernement, ndlr]. Certains m'ont fait le reproche de ne pas sanctionner ces couacs. Ce n'est pas une question de gentillesse, mais j'ai voulu être tolérant. Je pense que j'ai fait une erreur et que ça ne se reproduira plus." La promotion de Xavier Bertrand à l'UMP, ça introduit de la concurrence avec le Premier ministre? "Un garçon de très grande qualité. L'UMP gagnerait a une plus grande diversité, à utiliser les talents, Xavier en fait partie."
Politique étrangère
21h59. Nicolas Sarkozy reprend une stratégie de justification sur Ingrid Bétancourt. Puis Hervouet aborde le problème des moyens mis en œuvre, évoquant le cas de Marchiani, condamné alors qu'il était à l'origine de la libération des otages du Liban, il y a vingt ans. Nicolas Sarkozy annonce qu'il entend assumer le droit de grâce individuel. Retour de la posture pragmatique! (Jean-Philippe Roy)
21h58. Et si le tapage médiatique avait été négatif pour Ingrid Betancourt? "Mais... je me suis battu! Peut-être pas bien mais on a eu la preuve de vie et on a eu les six libérations!" Nicolas Sarkozy ajoute que ces ex-otages savent à qui ils doivent leur libération. A lui et à Chavez. La libération de la franco-colombienne reste une priorité: "Je ne dis pas qu'on a tout fait bien mais on y arrivera."
21h51. "Enfin quand même!" Nicolas Sarkozy est indigné lorsque Vincent Hervoüet lui demande s'il parlera au Hamas. La réponse est "non". "Et je ne parlerai pas au président iranien" qui souhaite rayer Israël de la carte du monde.
21h48. Autre sujet: l'Afghanistan. Pourquoi avoir envoyé de nouveaux renforts (700 soldats supplémentaires)? Etes-vous prêts à discuter avec les Talibans? Avec un long développement sur "la femme qu'on a amputée d'une main parce qu'elle avait mis du vernis à ongles" et les "millions de jeunes filles qu'on empêche d'aller à l'école", la sanction tombe:
"Nous ne discuterons pas avec ces 'moyenâgeux'."
David Pujadas lui rappelle alors qu'il y a un an, le candidat Sarkozy s'était engagé à un retrait de l'Afghanistan, arguant à l'époque que dans l'histoire, aucune guerre n'avait jamais été gagnée en terrain étranger sans soutien de la population. Il a bonne mémoire, cela se passait le 26 avril 2007 (voirla vidéo):
"La présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive. [...] D'ailleurs le président de la République a pris la décision de rapatrier nos forces spéciales et un certain nombre d'éléments, c'est une politique que je poursuivrai. Et de toute manière si vous regardez l'histoire du monde, aucune armée étrangère n'a réussi dans un pays qui n'était pas le sien. Aucune, [...] quelle que soit l'époque, quel que soit le lieu."
Réponse du chef des Armées, à quatre reprises: "Ce n'est pas une guerre, nous sommes aux côtés des Afghans."
21h45. S'il est président de la République au moment de l'éventuelle adhésion de la Turquie à l'Union européenne,
Nicolas Sarkozy convoquera un référendum. Une précision utile alors que
le projet de loi constitutionnelle, adopté mercredi en Conseil des
ministres, ne ferait plus de l'organisation d'un référendum pour toute
ratification d'un traité relatif à l'adhésion d'un Etat à l'UE une
obligation constitutionnelle.
21h42. Nicolas Sarkozy veut que la France reste le pays des droits de l'homme. Et c'est pourquoi il tient tant à ses bons rapports avec la Chine: "La Chine est un pays immense et a un droit de véto au Conseil de sécurité. Ce n'est pas une affaire de contrats." Plus fort: "La Chine aide le monde au Darfour, la Chine aide le monde en discutant avec l'Iran sur le dossier nucléaire." Le Président s'adressant aux Français, l'heure est à la pédagogie: "Les Français doivent savoir que le dalaï lama ne demande pas l'indépendance du Tibet et le boycott des Jeux." Le Président s'est donné une mission: renouer le dialogue entre le dalaï lama et le gouvernement chinois. Il a quatre mois. En face, Vincent Hervoüet a l'air sceptique: pourquoi la France? "Parce que si la France ne le fait pas, qui le fera?"
21h40. Début de la séquence internationale avec Vincent Hervouët (LCI) qui, tout de suite, attaque par la Chine et le conflit du Tibet. Réplique de Nicolas Sarkozy: "J'ai parlé avec le dalaï-lama et ses collaborateurs." "Directement?" Confirmation du Président: "Oui. Qu'est-ce qu'on essaie de faire? De créer les conditions d'un dialogue entre la Chine et le dalaï-lama." Sur la cérémonie d'ouverture des JO, le Président joue la prudence, refusant de préciser si il y assistera ou non.
Questions de société
21h37. "Ce qui est arrivé à la Société Générale est proprement stupéfiant. Qu'un seul puisse faire ça... et qu'on n'en tire aucune conclusion..." PPDA: "Cela vous gêne que Daniel Bouton n'ait pas démissionné?" Sarkozy: "C'est pas lui. Mais quand on a des salaires de cette nature et qu'on fait des erreurs de cette nature, il faut en tirer les conclusions."
21h34. Sur les OGM, le Président ne veut pas mollir: "Je ne trahirai ni l'esprit, ni la lettre du Grenelle de l'environnement."
21h31. Cadrage sur les retraites: les 41 ans on y va. Puis affirmation: je suis là et je continue, je ne cède pas devant les revendication catégorielles. Il s'agit d'un principe d'intérêt général. Il se met en posture de dire cet intérêt général. Idem sur les OGM et sur le principe de précaution. "La sécurité sanitaire c'est la responsabilité d'un Chef de l'Etat." C'est un message symbolique. (Jean-Philippe Roy)
21h30. Yves Calvi le titille sur la laïcité et sa déclaration (au Vatican) sur l'instituteur qui ne sera jamais remplacé par le curé... Il répond:
"L'instituteur est là pour former le citoyen, enseigner des matières, le pasteur, le curé, le rabin, qui vous voulez, essaye de donner du sens à la vie."
Yves Calvi remarque: donc ceux qui ne fréquentent pas le pasteur, le curé, le rabin et Calvi ajoute "l'imam", n'accèdent pas à cet enseignement du sens de la vie... C'est leur choix, répond Sarkozy.
21h27. Sur l'Education nationale, Nicolas Sarkozy est inflexible. Trop de profs, trop d'options, trop d'"élèves fichus" à la sortie de l'école primaire. Bref, une politique qui coûte cher ("le premier budget de la Nation!") pour rien. "Je ne vais pas la continuer." Quant aux lycées qui manifestent, le Président a son idée très personnelle sur le sujet: "Quand on est jeune, on est forcément inquiet." On est loin des tilleuls verts sur la promenade.

21h25 Pour les lycées, "y'a des tas d'options où personne ne va". C'est, une fois de plus, du grand n'importe quoi. Quand personne ne va dans une option, elle est supprimée, c'est simple. Il ne faut pas confondre avec "le gouvernement supprime des options" sous le prétexte que personne n'y va...(Bernard du Nord, riverain de Rue89)
21h25.Après avoir parlé des nombreuses oppositions syndicales actuelles, Nicolas Sarkoy conclut: "En France, il y a toujours quelqu'un qui n'est pas content." Une manière d'expliquer que les manifestants, lycéens notamment, pourront être nombreux, il appliquera tout de même les réformes qu'il entend mener.
21h23. Yves Calvi s'accroche à sa question. Pour la troisième fois, le journaliste demande: "Y aura-t-il des suppressions de postes à l'Education nationale d'ici 2009?" Le Président, qui a jusque-là esquivé la réponse, finit par lâcher: "On maintient les réformes qui permettront les réductions de postes."
21h19.
Calvi: "Vous ne renoncerez pas à ces suppressions de postes, c'est ce
que vous dites aux lycéens ce soir?" Sarkozy: "Je ne suis pas un
idéologue. La Nation a fait un effort considérable pour l'Education
nationale. C'est pas en mettant toujours plus de profs qu'on règlera
les problèmes." Pujadas: "Les suppressions de postes prévues pour 2009
seront maintenues?" Sarkozy: "Ce ne sont pas des objectifs simplement
comptables. Nous avons dans le primaire des enfants qui travaillent 26
heures par semaine, le plus élevé d'Europe. On va passer à 24 heures.
Les plus faibles auront des petits cours de soutien. Autre exemple: y'a
des tas d'options où personne ne va. Donc, nous allons faire le choix
de la qualité, plus que la quantité."
21h18. Sur le droit de vote des étrangers, Nicolas Sarkozy dit qu'il y est "favorable", mais qu'il n'a "pas la majorité" pour faire passer un tel projet, faisant référence aux nombreux élus UMP qui y sont opposés. Il n'essaiera donc pas de faire appliquer cette idée qui date de l'époque où il était ministre de l'Intérieur. Il l'avait d'ailleurs retirée in extremis de son programme présidentiel, sachant qu'il n'arriverait pas à la faire passer.
21h16.Yves Calvi demande si la fiche de paye ne vaut pas titre de séjour. Réponse choquante de Sarkozy: "Non! On ne devient pas français parce qu'on travaille dans la cuisine d'un restaurant, aussi sympathique soit-il. Il faut parler français, signer un contrat d'intégration". Il confond ici l'obtention de la nationalité avec celle d'un simple titre de séjour régulier... S'emmêle-t-il les pinceaux ou fait-il exprès de confondre régularisation d'un étranger et naturalisation française, pour créer un climat de peur?
21h13. Citer Michel Rocard, c'est bien. Le citer sans le tronquer, c'est mieux: "La France ne peut accueillir toute la misère du monde, mais elle doit savoir en prendre fidèlement sa part."
21h11. "Il y a 22% de chômeurs parmi les immigrés réguliers. Qu'on ne vienne pas me faire croire qu'on est obligé d'aller chercher un malheureux clandestin" pour travailler. "La régularisation globale, c'est la catastrophe" car "cela créée un appel d'air qui profite à qui, M. Calvi, aux trafiquants!" Calvi insiste: "Ils payent des impôts, ils se lèvent tôt pour aller travailler." Réponse de Sarkozy: "Brice Hortefeux va examiner les dossiers au cas par cas." Quant au sort des 800 sans papiers qui demandent une régularisation, il répond: "Je ne suis pas un roi, moi. Il y a une loi (...) il faut laisser les préfets voir point par point."
Economie
21h08. "Je ne peux pas faire tout, tout de suite." Si Nicolas Sarkozy comprend "l'impatience des Français", il demande du temps: il ne peut pas tout faire "en huit mois". Il répond ainsi à la déception croissante des Français illustrée par des études d'opinion toujours plus mauvaises, et conserve sa ligne de défense en demandant à ce que son bilan ne soit fait qu'à la fin du quinquennat.
21h07. Sur le couac Carte familles nombreuses de la SNCF, Nicolas Sarkozy assume: "On a commis une erreur et je la prends à mon compte." Erreur reconnue, erreur réparée. Au passage, le Président salue le "travail des cheminots" et le "bénéfice de 1 milliard d'euros, bravo!" Le message est limpide: c'est à l'Etat de financer la politique familiale du pays.
21h06. "Toutes ces réformes se tiennent, elles se complètent et ça forme un ensemble cohérent." Conclusion de la partie économique de l'entretien.
21h05. "Il y a 500000 offres d'emplois qui ne sont pas satisfaites aujourd'hui avec 1,9 million de chômeurs." Nicolas Sarkozy justifie le projet de sanction des chômeurs qui refusent deux offres d'emplois répondant à leurs aspirations salariales et à leur niveau de qualifications. Oui mais avec "70% du salaire" et "à moins d'une heure" du domicile, précise David Pujadas.

21h01. Hommage aux syndicats. Ça y est,
l'affirmation d'une attention particulière au syndicats est faite. Puis
la sanction pour le chômeur qui refuse un emploi est présentée comme la
sanction d'une faute morale, c'est un processus de victimisation du
chômeur qui refuse. Autrement dit, pour être un "bon citoyen" il faut
être un travailleur.
La logique est même appliquée aux séniors: être à la retraite peut être
une situation à observer, voir à juger du point de vue citoyen. (Jean-Philippe Roy)
20h59. Le RSA sera en bonne partie financé par un "redéploiement" de la prime pour l'emploi, a-t-il précisé... donc par les plus modestes des ménages imposables. (Marie7777, riverain de Rue89)
20h58. Le RSA (Revenu de solidarité active), qui ne concerne aujourd'hui que 40 départements, "c'est une très bonne idée". Nicolas Sarkozy veut sa généralisation "rapide", il a, "avec François Fillon", fait "entrer Martin Hirsch au gouvernement" pour le faire. La généralisation, ce sera "pour l'année prochaine", mais: "Il y deux ou trois sujets qu'il faut que j'arbitre." "Le RSA se fera, il se fera en en maîtrisant les coûts", martèle-t-il. Et de chiffrer la mesure: "On va tourner autour de un milliard, un milliard et demi." Martin Hirsch a dit, lui, avoir besoin de deux ou trois milliards d'euros, mettant sa démission dans la balance.
20h57. "Sur le paquet fiscal, d'ailleurs c'est un très mauvais nom, nous avons fait une erreur de communication totale." La communication ne s'est visiblement pas améliorée: Nicolas Sarkozy a du mal à expliquer en quoi sa première grande loi économique n'a pas favorisé les plus aisés. Par exemple, il ne comprend pas que l'on puisse critiquer les 3,5 milliards d'euros distribués aux héritiers (l'exonération touche les héritages jusqu'à 150000 euros, contre 50000 précédemment). Il peut pourtant sembler paradoxal de vouloir "réhabiliter la valeur travail" et de commencer par favoriser l'acquisition du capital par l'héritage...
20h53. Le Président "n'explique" plus, il "affirme". Nicolas Sarkozy assimile la résorption du chômage et l'augmentation du pouvoir d'achat. Stratégie intéressante, car il associe l'augmentation du pouvoir d'achat à celle de la masse des "travailleurs", c'est-à-dire la répartition du travail. On est proche d'un raisonnement de répartition du travail (type 35 heures) mais sans les garanties juridiques classiques du droit du travail. Il instrumentalise ensuite le RSA pour illustrer ce message. Il devient un cas typique du nouveau rapport au travail que propose Nicolas Sarkozy: il y a là un message lourd. (Jean-Philippe Roy)
20h51. A travers toutes les annonces sur la participation, la négociation salariale, il introduit un "gros morceau" des politiques à venir: la réforme de la représentation syndicale. Puis premier gap de com', à propos de la justification du "paquet fiscal". L'altercation avec Véronique Auger oblige cette fois-ci Nicolas Sarkozy à "se justifier". La ligne de lisibilité de sa com' est brutalement coupée. (Jean-Philippe Roy)
20h50. Isolé face à trois inquisiteurs, Nicolas Sarkozy la joue: "C'est trop injuste": "Si le chômage augmente, c'est de ma faute! Si le chômage baisse, je n'y suis pour rien."
20h43. Petites notes d'ambiance: La salle des fêtes de l'Elysée
a été aménagée avec une petite tribune où une quinzaine de personnes
ont pris place. Qui sont-ils? Des salariés de l'Elysée. Et pourquoi les
avoir mis là? Le service com' de l'Elysée nous répond: "Et pourquoi
pas?" Au centre, une table en forme de diamant. Détail: Nicolas Sarkozy
a pensé à rajeunir un peu son look en se laissant pousser les pattes
(si, si, regardez bien, elles sont légèrement plus longues qu'avant).
20h41.De toute façon, il y a la pensée sarkozienne, la parole sarkozienne et l'action sarkozienne, 3 entités habitées par leur propre autonomie. Les sondages prouvent qu'une majorité de Français a compris que l'unicité de notre président n'existait pas; il y a peu de chance qu'ils puissent remonter! La communication permet de leurrer les gogos durant un certain temps, mais il arrive un moment où cela ne marche plus. Je crois que nous y sommes, et l'embauche -avec nos impôts- de plusieurs communicants ne changera rien! Peut être n'ont-ils pas compris que la pub peut toujours faciliter la vente d'un produit (ici un président) mais ne permet pas ensuite de faire fonctionner un produit de mauvaise qualité (sauf à le rappeler en usine pour une mise à niveau)... On parle beaucoup des promesses: "Ce que j'ai dit je le ferai." J'aimerai aussi qu'on nous fasse la liste des "ce que je n'ai pas dit, et que je fais". Surement fort intéressant :-) La question est surtout: comment en sort on??? ("France d'en bas", riverain de Rue89)
20h41. Nicolas Sarkozy écarte le "président du pouvoir d'achat" pour le "président de la réhabilitation du travail". Ainsi, il substitue la cause et l'effet. Il euphémise l'échec patent sur la réalité vécue du pouvoir d'achat pour dire: en fait, la priorité sera la relation de travail, le reste viendra de surcroit. Là aussi, il y a un travail de recadrage du sens de la stratégie politique conduite. C'est la nouvelle ligne de lecture qu'il propose. Deuxième temps important: il renvoie la responsabilité de la hausse des prix sur le secteur économique. En terme clair, c'est parce que le marché et la concurrence ne marchent pas qu'on fait moins bien qu'en Allemagne et ailleurs en Europe. Prenant la défense du consommateur, il poursuit en fait la logique de libéralisation de la concurrence et induit en filigrane la "rupture" en fustigeant les "lois Raffarin et Galland", c'est-à-dire l'ordre ancien chiraquien de droite. (Jean-Philippe Roy)
20h39. "Réduire le débat politique français à la seule question du pouvoir d'achat, c'est absurde", déclarait Nicolas Sarkozy lors de la conférence de presse du 8 janvier, effectuant un virage à 180 degrés avec sa posture de "président du pouvoir d'achat" de la campagne présidentielle. Aujourd'hui, retour aux promesses du candidat et recentrage du discours sur le pouvoir d'achat. Il a bien lu le sondage OpinionWay réalisé pour LCI et publié ce jeudi: 81% des sondés estiment que le Président devrait "traiter en priorité" la question du pouvoir d'achat lors de son intervention télévisée. Mais 35% des personnes interrogées disent qu'elles "n'attendent rien" et 24% ne se prononcent pas, soit près de 60% en tout.
20h36. Ce soir, c'est "Sarkozy expliqué aux Français". Le Président ponctue ses réponses de: "Je ne fuis aucune question", "Je vais m'expliquer."
20h35. Véronique Auger est la première des "novices" à interroger le chef de l'Etat. Pas facile de se retrouver face à Nicolas Sarkozy pour l'ancienne chef du service économie de France2. En 1994, comme le racontent nos amis de Bakchich, l'ancien ministre du Budget n'avait pas aimé un sujet de l'intéressée:
"Selon nos sources, un sujet sur la baisse des impôts qui aurait fortement déplu au ministre du Budget de l'époque, un certain Nicolas Sarkozy, au moment où il présentait le nouveau projet de loi de finances. Quelques coups de fil sarkoziens et une note balladurienne plus tard, la tête de Véronique Auger tombe."
Depuis, Véronique Auger travaille à France3.
20h33. Nicolas Sarkozy évoque le "quadruple choc" subi par l'économie française pendant la première année de son mandat: la crise des subprimes, la hausse des prix de l'énergie, la hausse de l'euro, la hausse des prix des autres matières premières. Il se félicite que la "France résiste plutôt mieux que les autres" et donne comme exemple le chômage, dont le taux est descendu à 7,5%. "Le chômage de longue durée a baissé de 21%, ça prouve qu'on peut y arriver", ajoute-t-il. Ce qu'il ne précise pas, c'est que la baisse du chômage, qui a commencé il y a plusieurs années, répond avant tout à une mécanique démographique, les babyboomers arrivant à l'âge de la retraite. Selon l'Insee, le taux de chômage devrait stagner cette année, alors qu'on s'attendait encore, il y a quelques mois, à la poursuite de sa baisse.
20h31. Nicolas Sarkozy se croit toujours en campagne mais personne ne lui a dit qu'il avait été élu. Les faits le rattrapent et ça il n'y peut rien. Un pseudo débat, pathétique, préparé comme on le sait et qui ne convaincra même pas sa majorité. Le combat du "je veux" contre l'impuissance. Un vrai Don Quichotte. (Dijou, riverain de Rue89)
20h30. "Celui qui ne change pas alors qu'il est président de la République, c'est qu'il n'a pas compris le poids de la mission qui lui est confiée." Voilà une façon d'expliquer en une phrase tous les couacs gouvernementaux de ces dernières semaines, les revirements politiques nombreux.
20h28. Le registre choisi par Nicolas Sarkozy, dès le début, est: "J'explique" et non "J'informe." Tout le problème, maintenant, est de savoir s'il va continuer sur "J'explique ma politique" ou "JE m'explique". Puis très vite, on voit apparaître déjà le registre de la justification: "Tout ça, je m'y attendais" et "J'ai une part de responsabilité". Enfin, il cadre: on le jugera "au bout du mandat". Il s'inscrit dans la durée: c'est la posture de présidentialisation de la com'. Je ne suis pas comme le gouvernement, au charbon dans l'instant; je gouverne dans la durée, ce qui nous donne la force de supporter les événements imprévisibles (hausse du pétrole, etc). Deuxième registre de justification: l'agenda des réformes est maîtrisé, le message est donc: "Rassurez vous, je gouverne!" (Jean-Philippe Roy)
20h25. Interrogé sur sa chute dans les sondages, Nicolas Sarkozy se pose en président responsable, à l'écoute: "Je savais que je ne passerais pas cinq ans à commenter des sondages excellents." Il répète son habituel discours: les réformes, nécessaires, font des mécontents mais "j'ai été élu pour ça".
20h20. Reprenant la critique de Ségolène Royal, David Pujadas questionne Nicolas Sarkozy sur le "choc de confiance qui ne s'est pas produit". Le Président répond qu'il s'y attendait parce que "le monde change". Pour arriver à ses fins, il propose de "compter sur ses propres forces" et de "mettre en oeuvre les changements que les autres n'ont pas fait", ce qui "bouscule les conservatismes".